100_6311A Restonica ou la vallée corse à ne pas manquer, décrite dans tout les guides. C'est une "vallée" fermée, sans issue, dont le point de départ se situe à Corte, dans le centre Est de la Corse. Elle porte le nom de la rivière qui s'y écoule, rivière qui se jette dans le fleuve Tavignano au pied de Corte.

Pour parcourir les gorges, plusieurs modes envisageables :
- la marche intégrale depuis Corte : si c'était à refaire, ce serait notre premier choix. même si les premiers kilomètres sont obligatoirement sur le bitume. au premier parc de stationnement à 470 m d'altitude, on enfile sur la gauche le sentier de randonnée qui remonte les gorges sur la rive droite de la Restonica, passant à proximité du camping de Tuani (comptez alors près de 5h pour atteindre le lac de Melo). Après le franchissement du torrent à 760 m d'altitude au pont de Riviseccu, le chemin passe à 900 m au pont de Frassetta, puis à 1260 m au pont de Grottelle (photo ci-contre).
- voiture + marche : ce fut notre choix, un peu forcé par les contraintes horaires. En gros, on part de Corte en voiture, on prend la route des gorges, qui n'en finit pas de monter et on finit à pied. On se gare aux endroits prévus (une demi-douzaine environ). si on monte trop loin, la route devient payante (5 €) mais on a droit à un bel autocollant, qui semble valable pour la saison et non pour la journée (ça reste à confirmer). Certaines aires de stationnement sont réservées pour les consommateurs des auberges. Plus on monte, plus la route est sinueuse et étroite, avec des passages localement non protégés dominant la rivière : à éviter la nuit (la route est peut-être fermée). Le croisement d'un autre véhicule n'est pas toujours aisé.
- dernière solution pour les furieux : vélo + marche.

100_6305Dans tous les cas, le point de stationnement le plus haut est à 1370 m. A cette altitude, pourtant basse, la végétation est déjà rare, témoignage de conditions météorologiques rudes. La partie la plus agréable à mon goût (malheureusement faite en véhicule) est la première partie de la montée avec une rivière roulant dans les chaos de pierres et rochers, à l'ombre des nombreux pins. Un sentier pédestre plus ou moins en balcon permet de remonter la rivière. Du dernier point de stationnement, le sentier qui mène aux lacs et à d'autres vallées si l'on franchit les crêtes, se fait surtout dans les pierres et dans une moindre mesure, à proximité de quelques arbres, notamment dans la montée finale vers le lac de Mélo.

Le fléchage est piégeur quelques centaines de mètres après le panneau ci-contre (parc de Grottelle) et il faut suivre tout droit le flanc de la montagne et non chercher à monter vers la droite. On passe à proximité d'une bergerie, en cours de réhabilitation, ce qui ne l'empêche pas de vendre du fromage. Puis on franchit le torrent sur un replat où paissent les (maigres) vaches corses. Un peu avant le torrent, il faut choisir le chemin : soit la version sport qui passe à droite en montant (en rive gauche du torrent), utilisant parfois des chaines pour grimper ; soit la version tranquille qui passe à gauche du torrent (et donc le franchit). La version tranquille testée ne l'est pas tant que ça car la montée est sèche, le chemin marqué mais très chaotique (la rudesse du climat probablement). Bref, ce n'est pas une partie de rigolade même s'il y a des gens en tong ou en tennis de plage (m'enfin !). Et puis physiquement, ce n'est pas la grande forme ce jour là.

100_6308Mais on finit par arriver au premier lac (de Melo ou Melu en langue corse), avec un vent relativement soutenu qui rafraichit, voire glace le dos bien trempé par l'effort de la montée. Le thermomètre de la montre annonce 16°C et une altitude de 1670 m. D'après les panneaux, l'altitude est de 1710 m. Le panorama sur les berges du lac est assez réduit puisque le lac glacière est entouré des parois de la montagne environnante, qui possèdent encore quelques névés en cette fin juin. On voit aussi la vallée un peu plus bas qui se ferme rapidement au gré d'un virage vers le nord-est. On trouve un espèce de refuge sur une rive. Rive qui est un milieu très fragile quand la neige et la glace se sont retirées : des filins empêchent l'accès aux zones les plus sensibles, sorte de tourbières ou pozzines, donc des milieux humides et acides. Le niveau du lac glacé était bien marqué sur les berges.

Et puis, du lac, on peut rejoindre celui au dessus (Capitello) en 3/4 d'heure, et poursuivre dans la montagne corse vers des refuges en altitude.

Au final, un très beau site certes mais dont la beauté me semble un peu surfaite, sur la dernière partie du linéaire du moins. D'où l'intérêt de ne pas monter trop haut en voiture pour profiter le plus possible des gorges !