Deux ans et demi plus tard, poursuite de ce tour de France par la côte pour l'épisode 4. Après une année 2012 blanche, il s'en est fallu de peu que 2013 soit de la même veine. Mais j'ai profité d'une bonne fenêtre météo en cette fin septembre 2013 pour m'y remettre à un rythme plus tranquille. Moins de 30 km par étape pour ne pas avoir l'impression de passer la journée à marcher, qui était mon sentiment fin mars 2011 à la fin de l'épisode 3.

C'est donc de Saint-Malo qu'est parti cet épisode 4 le lundi 23 septembre 2013. Il m'a fallu user de plusieurs types de transport pour rejoindre la cité corsaire : avion de Toulouse à destination de Nantes, puis covoiturage pour rejoindre Rennes, puis train pour rallier Saint-Malo et enfin la navette maritime à destination de Dinard (le point d'embarquement est situé au pied des remparts sud devant la porte de Dinan). Quinze minutes pour franchir l'estuaire de la Rance et je me retrouve à Dinard.

Lors de mon arrivée à Saint-Malo en 2011, la cité corsaire était dans la brume. En cet après-midi du premier jour de l'automne 2013, c'est grand ciel bleu. Belle vue sur Saint-Malo et ses remparts depuis le bateau.

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Et du bateau, on peut aussi voir la côte sur l'autre rive de la Rance : voilà Dinard côté baie du Prieuré.

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Voilà le programme de la partie Saint-Malo (ou Dinard) à Saint-Brieuc :

étape 1 : Saint-Malo - Lancieux
étape 2 : Lancieux - Le Guildo
étape 3 : Le Guildo - Port-à-la-Duc
étape 4 : Port-à-la-Duc - Sables-d'or-les Pins
étape 5 : Sables-d'or-les Pins - Saint-Alban (Pléneuf)
étape 6 : Saint-Alban (Pléneuf) - Yffiniac
étape 7 : Yffiniac - Saint-Brieuc

Sac à dos : Lafuma 50 litres avec des affaires pour les 7 jours  de randonnée. Poids de 8 kg au départ hors nourriture (poids variable suivant les étapes) et eau (3 litres).

Chaussures de rando toutes neuves : Salomon Comet 3D GTX. Tiges mi-hautes, une nouveauté pour moi.

GPS : Medion Evadeo le SCAN25 de l'IGN en fond cartographique et enregistrement de la trace (cf. lien vers visugpx pour chaque étape, en conseillant la vue satellite pour visualiser la trace).

étape 1 : départ effectif à 14h20. Le sentier côtier est en dur le long du littoral de Dinard. En 10 mn, je suis à la pointe du Moulinet qui possède une table d'orientation, la première d'une longue série sur le sentier côtier.

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15 mn plus tard, c'est la plage de l'écluse avec sa piscine d'eau de mer dont l'eau est renouvelée à chaque marée haute ou presque.

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Petite pause au niveau du casino pour pénétrer un peu dans la ville de Dinard et trouver des bouteilles d'eau et de la crême solaire (confisquée à l'aéroport de Toulouse). Retour au casino depuis lequel il faut 10 minutes pour faire le tour de la pointe de la Malouine et 10 mn de plus pour arriver sur la plage de Saint-Enogat que je traverse sur le sable. Au large, c'est l'île d'Harbour et son bastion, qui fait partie du système défensif de la ville de Saint-Malo mis en place par Vauban. A l'arrière plan sur la gauche, c'est le phare du Grand Jardin. Construit initialement en 1865, dynamité par les Allemands en 1944, il a été reconstruit et rallumé en 1950. La focale est 25 m au dessus du niveau marin et la portée est de 15 milles.

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15 minutes de plus et c'est la pointe de la Roche Pelée. Tout en passant à proximité de la grotte de la Goule aux Fées où les frères Lumière ont testé les premiers procédés de photographie en couleur (une plaque de marbre commémore l'événement).

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Ensuite, je mets 50 mn pour rejoindre la petite pointe de Bellefard à l'approche de Sainte-Lunaire. Il me faudra encore 20 mn pour arriver sur la plage de Saint-Lunaire, après avoir contourné le bras de mer du Crévelin, que j'aurais pu tout autant traverser (marée basse et pas de vase). Bien que la marée soit basse sur la Grande plage, je suis le parcours dans les rues de Saint-Lunaire (bd du Décollé) et il me faut 10 mn pour atteindre la pointe du Décollé.

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Petit détour d'un quart d'heure pour faire l'aller-retour jusqu'à la pointe marquée par une croix en béton et une table d'orientation.

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Un peu de marche le long du boulevard de la mer, une petite rue à la droite et c'est la plage de Longchamp qu'il faut traverser : 20 mn de marche de la pointe du Décollé jusqu'au bout de la plage, puis c'est la pointe de la Garde Guérin. Petite photo vers la pointe de la Haye à l'arrière plan et l'île de Dame Jouanne au second plan.

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Il me faudra encore 35 minutes de marche pour atteindre le quartier des Essards, début de l'urbanisation de Saint-Briac. C'est aussi en ce point qu'on quitte la côte pour marcher 1,2 km dans les rues et déboucher sur le port avec au loin, le pont qui franchit le bras de mer de l'estuaire du Frémur.

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Le GR suit la RD786 qui longe la côte mais je décide de passer au coeur du village à la recherche d'une épicerie. Mais à 19h et un lundi soir, tout est fermé. La batterie du GPS est vide : au coeur de Saint-Briac, avant de s'éteindre, il affiche 18,75 km pour 4h de marche (et 50 mn de pause), soit une moyenne de 4,7 km/h (ou 13 mn/km), un dénivelé positif cumulé de 178 m et un négatif de 150 m. Si le GPS n'a plus d'énergie, il me faut encore en dépenser pour rejoindre Lancieux, point d'arrivée de l'étape. Je franchis donc le pont sur le Frémur, fleuve côtier qui marque la limite départementale entre l'Ille-et-Vilaine et les Côtes d'Armor. Puis, j'emprunte une route à droite qui vire à droite, puis à gauche puis encore à gauche : je suis sur la presqu'île de l'Islet. J'arrive au coeur du village de Lancieux, passe devant l'église et j'arrive à l'hôtel de la mer.

Au final, 30 mn de marche en plus depuis Saint-Briac et c'est donc une première étape de 4h30 de marche en une après-midi.

 

 étape 2 : en ce mardi matin, un petit marché se tient devant l'officie du tourisme et j'en profite pour acheter des fruits. Je fais mes emplettes en face au Vival et je termine à la boulangerie pour le pain. Puis direction la plage Saint-Cieux pour un petit déjeuner face à la mer : pain-confiture.

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Il est 10h30 et il est temps de démarrer cette seconde étape. Dix grosses minutes de marche pour atteindre la pointe de Lancieux (ci-dessous) où se dévoile la baie éponyme et la presqu'île de Saint-Jacut où je passerai tout à l'heure.

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Le chemin et le temps sont très agréables mais à mi-chemin du fond de la baie (précisément après la passerelle), ça devient gadouilleux et collant. N'espérez pas passer par là par grande marée. D'après le guide, il faut marcher sur la digue qu'on voit à gauche sur la photo ci-dessous.

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1h15 et 5,6 km après le départ et en comptant quelques rares pauses photos, je me retrouve au bord de la RD768, route très circulée qu'il faut traverser. Le sentier côtier n'a pas été aménagé en bord de baie et c'est donc dans les terres qu'il faut continuer. Direction Trégon et son vieux bourg, non sans avoir franchi une seconde fois cette satanée RD768. J'y suis en 20 mn et midi sonne au clocher. Je fais une pause de 30 mn pour boire et lire le journal à côté du cimetière où une table de pique-nique est la bienvenue. Je repars à 12h30 sur le chemin qui passe au milieu des champs et qui rejoint la côte et la RD26 après 3 bons km dans les terres. Le chemin passe sur la digue qui protège la zone artisanale et la station d'épuration, puis longe le camping de la Manchette, du nom de la plage éponyme tout proche. J'envisage la pause méridienne sur la petite pointe (40 mn de marche depuis le vieux bourg de Trégon) mais le vent de nord-est m'invite à différer cette pause. Je longe la plage de la Manchette et descend sur celle de la Pissote pour couper un peu.

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Je récupère le sentier après le petit port du Chatelet. Sentier qui ne suit plus la côte mais emprunte le chemin d'accès aux belles propriétés avec vue sur la mer. Après un bref retour en bord de mer avec vue sur la plage du Rougeret (ci-dessous), il faut prendre le bout de route qui mène à la pointe du Chevet. Il est 14h, les tables de pique-nique n'attendent que moi pour la pause déjeuner.

Pour cette première partie d'étape : 13,3 km en 3h30 dont 3h de marche effective, soit du 4,7 km/h.

Repas, sieste, et il est 16h30 quand je repars en direction de la pointe du Chevet. La marée est basse et le coefficient est encore élevé, du coup l'estran est bien dégagé et l'île des Hébihens est accessible à pied. Vers l'ouest, ce sont les bouchots de la baie qui sont émergés. Et vers le nord-ouest au loin, c'est Saint-Cast. Le sentier navigue ensuite le long de la côte et en surplomb des petites plages abritées de l'ouest de la presqu'île.

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Au niveau de la plage de la Banche, soit 50mn après la pointe du Chevet, je m'écarte du sentier pour entrer dans le village de Saint-Jacut acheter quelques victuailles et de l'eau. Une dernière pause sur un banc pour un goûter tardif avant de repartir. Le sentier longe le front de mer endigué puis suit la RD62. Au premier rond point, il faut bifurquer à droite vers la plage du Ruet, puis la plage de Vauver, la pointe du Chateau Parlant et la pointe de la Pépinais. C'est là qu'une heure après le goûter, apparaissent les ruines d'un château protégeant le fond de la baie de l'Arguenon.

P1040741Le château se visite en franchissant une passerelle. Et une belle vue se dégage sur le port du Guildo.

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Encore 5 mn de marche et j'arrive dans ce petit port marquant la fin de cette deuxième étape. 2h de marche pour 8,1 km l'après-midi.

Pour l'étape entière : 24,1 km pour 5h de marche.

 

Nuit et repas à l'hôtel-restaurant du vieux château.

 

étape 3 : départ à 9h40 avec un ciel couvert et quelques gouttes mais une température douce. Quelques centaines de mètres à suivre la RD786 pour franchir l'Arguenon, puis on descend sur le port et commence un nouveau type de sentier : les montagnes russes à la mode bretonne. Le sentier suit la côte, ça monte, ça descend, ça monte, ça descend et c'est comme ça jusqu'à Saint-Cast (à prononcer Saint-Ca) ou presque. Je marche une demi-heure et je prends mon petit déjeuner en 15 mn sur un banc en pierre. Après une heure de marche, j'arrive sur la plage des Quatre Vaux. Cette plage est surtout le point de stationnement et de départ des bateaux sur roues qui permettent aux mytiliculteurs d'aller au pied des bouchots sans attendre la marée basse.

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Après la plage, retour des "montagnes russes" dans le sous-bois. 50 mn plus tard, j'arrive à la pointe du Bay qui surplombe la plage de Pen Guen (ci-dessous). Pause de 10 minutes et j'enlève même les chaussures pour parcourir en 20 mn la plage les pieds dans l'eau.

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Après la plage, il faut longer la RD19 avant de bifurquer vers la droite en direction de la pointe de la Garde : pointe rocheuse avec des à pics, une table d'orientation et une statue.

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Et derrière la pointe, c'est la grande plage de Saint-Cast-le-Guildo. Le sentier descend sur la plage et en une petite vingtaine de minutes, j'arrive aux Mielles, presque le bout de la plage. Il est 13h40 et il faut ravitailler pour déjeuner (Carrefour city dans la rue derrière l'avenue longeant la plage).

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Pour cette matinée : 3h10 de marche, 11.8 km, soit moins de 4 km/h. Pour les "montagnes russes", ça donne 263 m de montée, 233 m de descente.

Je déjeune sur un banc devant la plage avant d'aller faire une petite sieste sur le sable. Puis je m'offre un cornet de glace au caramel beurre salé avant de repartir pour une deuxième partie d'étape dont j'avais probablement sous-estimé la longueur. Je récupère le front de mer à 16h40 pour le départ officiel. Je passe sur le chemin côtier aménagé en dur et qui mène de la plage des Mielles au port de plaisance protégé par une belle digue. En 15 mn, j'ai atteint la pointe de Saint-Cast où trône un canon d'époque et une table  d'orientation.

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Dix minutes plus tard, je passe devant le monument à la mémoire du naufrage de la frégate météorologique Laplace le 16 septembre 1950.

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A peine plus loin, le sentier est fermé et interdit pour cause de falaise effondrée. Il faut contourner le camping, puis pour les mêmes raisons, contourner le village vacances. Puis, je passe au dessus de la plage de la Pissote. La baie de la Fresnay est dans la brume et la côte de la rive ouest est tout juste visible : on peut quand même deviner le fort Lalatte. La mer monte mais les bouchots dépassent. 45 mn après la pointe de Saint-Cast, c'est une autre pointe que j'aborde : celle du Chatelet.

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Le sentier continue en haut de "falaise", 20 m environ au dessus de la plage. A 18h15, je ne suis qu'au parking de la plage de la Fosse. Je marche dans les temps du guide, ce qui ferait une arrivée vers 20h à Port-à-la-Duc. Je décide donc de couper un peu par la plage, ce qui raccourcit le chemin d'une part, et évite les incessantes montées et descentes du sentier côtier d'autre part. Je récupère le sentier avant la pointe St-Efficace au niveau d'une ancienne digue qui permettait à un moulin à marée plus en amont de fonctionner. A 18h50, je suis au niveau du hameau de Saint-Germain et le GPS a vidé sa batterie : 2h05 de marche pour 9.8 km et près de 160 m de dénivelé positif (c'est pas tout plat la côte). Le sentier débouche ensuite sur la RD786 (encore elle !) et la suit sur le bas-côté : un aménagement plus sûr serait le bienvenu.

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Quand la route devient digue, le chemin s'en écarte en rentrant un peu dans les terres et en suivant le tracé d'un 2. Il faut traverser à nouveau la RD786, monter en face sur la butte et passer dans le hameau de Crissouët. Vient la descente pour arriver à Port à la Duc.

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Au delà de l'ancien port, du pont sur le Frémur (le second du nom sur le parcours), c'était aussi une gare sur le réseau ferré d'intérêt local en voie métrique reliant Yffiniac à Matignon. Mise en service progressivement entre 1922 et 1926, la voie a été fermée fin 1948 et déclassée l'année suivante.

Pour moi, l'étape n'est pas tout à fait finie puisque je dois monter au hameau de St-Aide où une chambre d'hôtes m'attend.

Au total de la journée, 6h15 de marche pour 26 km.

 

étape 4 : départ dans la brume depuis la chambre d'hôtes avec une redescente vers Port-à-la-Duc. Le début du parcours est sur le bitume de la route côtière menant à port Nieux que je rejoins en 15 mn. Port Nieux qui fut à une époque un important port de commerce.

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En continuant encore un bout sur la route qui va vers le Grand Trécelin, le sentier côtier "renait" sur la droite avec un aménagement récent et des marches en bois pour rejoindre le bord de falaise. Après 45 mn de marche, je suis sur la plage de Château serein. Le sentier monte alors dans le sous-bois et comme la veille, c'est reparti pour une partie de montée-descente. 25 mn plus tard, je suis au Port Saint-Géran qui possède une cale de mise à l'eau et rien de plus. Dix minutes de pause et ça repart. Et quarante minutes plus tard, au détour d'un virage sur le sentier après la sortie du sous-bois, le fort Lalatte apparaît, à peine embrumé.

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Une matinée avec 8,4 km de marche en 1h55 (4,5 km/h de moyenne) mais surtout 250 m de montée et 200 de descente en mode casse-pattes.

Je fais la visite guidée à 11h45, ce qui me permet de faire une bonne pause. La guide est sympa et on apprend des anecdoctes. Au début, c'était le château de la Roche Guyon édifié au XIVè siècle par Etienne Goyon Matignon. Après le départ de la famille Goyon au siècle suivant, le château prend le nom de la Latte, du nom du hameau voisin. En 1700, le château devient un fort, armé par le disciple de Vauban : Garengeau. Un peu avant 1800, un four à rougir les boulets est construit mais il est probable que cette idée intéressante (envoyer des boulets rougis sur les navires pour les enflammer) n'a pas dépassé le stade intellectuel. En effet, il fallait un stock de bois conséquent et plusieurs heures pour faire rougir les boulets. Bref pas très pratique quand il s'agissait de parer à une attaque surprise. En 1890, le fort est déclassé, perdant son caractère militaire. Deux ans plus tard, il est vendu par les Domaines. En 1925, il est classé monument historique. Le fort est rouvert au public en 1931 par les nouveaux propriétaires. C'est sur le donjon que la scène finale du film "les Vikings" a été tournée en 1957.

Quelques vues du château.

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Après la visite, je remonte l'allée d'accès au chateau qui mène au parking et à la crêperie conseillée par l'hôtesse de la veille mais c'est (déjà) fermée à cette époque. Du coup, je décide de pousser jusqu'au cap Fréhel pour le déjeuner pique-nique. Le paysage change radicalement et le sentier longe la côte courverte de bruyère, encore un peu fleurie à cette époque.

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Après 5 km et 1h15 de marche, j'arrive au Cap Fréhel, constitué non pas de granite mais de grès rose. Je vais jusqu'à la pointe (ci-dessous) face au large où subsiste la tour du premier phare. Car le site a vu 4 phares dont trois existent encore.

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Le premier phare a été construit en 1697. Il n'a vécu que 5 ans et sera remplacé en 1702 par une autre tour cylindrique construite en grès et granite des îles Chausey. Dans le cadre de la rénovation des phares bretons, un nouveau phare est construit à la place de l'actuel. Pouvant supporter une optique de Fresnel, il est beaucoup plus puissant. Avant la dernière guerre mondiale, sa portée est de 40 km avec deux éclats blancs groupés toutes les dix secondes. Mais, les Allemands investissent le site pendant la guerre et alors que la libération commence, le phare est dynamité le 11 août 1944. L'ancien phare ou tour Vauban reprend alors du service pendant quelques années jusqu'à l'achèvement du nouveau phare en 1950. En béton armé et moellons de granite de Dinan, il possède une plateforme trente mètres au dessus du sol, qui supporte la lanterne en bronze et verre. La portée est de 53 km par temps clair. Le phare se visite (je ne m'en suis pas privé) et on peut monter en haut sur la plateforme pour prendre quelques beaux clichés.

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Après le repas et la visite, il est temps de repartir juste avant 16h. Pendant une heure, le sentier suit d'assez près la côte rocheuse et découpée. Puis, il longe sur quelques centaines de mètres la route (aménagement pour piétons) jusqu'à l'accès à la plage des grèves d'en bas. Je décide alors d'enlever les chaussures et de poursuivre par la plage pendant 25 mn. Le temps de remettre les chaussures et c'est reparti vers la pointe aux chèvres toute proche, qui possède une table d'orientation. De la pointe, beau panorama sur les plages traversées pieds nus, le cap Fréhel embrumé se devinant au loin.

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Après la pointe aux chèvres, on retrouve la RD34 qu'il faut longer puis quitter pour passer en sous-bois, puis couper, puis re-couper pour descendre au port Barrier qui marque le début de la plage de Sables-d'Or. Ci-dessous vue sur la plage avant de descendre au port.

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Il ne reste plus qu'à longer la plage pour arriver à Sables-d'Or. Je ne suis pas allé jusqu'à la pointe mais j'ai bifurqué sur la RD34 pour trouver une superette ouverte. Le ravitaillement est annulé car le Marché U n'est ouvert que pendant les vacances d'été. Il faudra me contenter de restes pour le repas du soir. Je prolonge sur la RD34 jusqu'au quartier de l'ancienne gare et je bifurque à gauche sur un chemin de terre qui monte pour rejoindre le quartier de la Nonne à Plurien où j'ai réservé une chambre d'hôtes.

Sans compter ce petit détour final, 12.3 km et 2h45 de marche (4,5 km/h) du Cap Fréhel jusqu'à l'ancienne gare des Sables d'Or.

Pour la journée : 25.7 km en 5h55.

étape 5 : départ sous le soleil et en une dizaine de minutes, je retrouve le GR au niveau de l'ancienne gare. Il est 9h30, la marée est basse et j'emprunte donc le chemin submersible puis le sable pour rejoindre avant 10h le port des Hôpitaux, du nom d'un hameau voisin. Derrière la dune, je longe la plage et le camping Saint-Michel du nom de l'îlot à 700 m de la plage, où trône une chapelle.

P1040838Le chemin se poursuit un peu dans les terres pour éviter le bord de côte où la falaise est instable. En 35 mn, j'arrive au domaine de Lanruen, un gros lotissement de résidences secondaires bordant la plage du Guen (ci-dessous à gauche). Puis le chemin passe au dessus de la plage du Portuais (ci-dessous à droite) puis de celle de Lourtuais (tout en bas).

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Entre les plages, on marche au milieu de la lande couverte de bruyère. Le cap d'Erquy approche avec ses deux rochers insulaires (les Châtelets) qui ressemblent un peu au tas de pois de Crozon.

Après être passé près de la Fontaine de Lourtuais, je remonte sur la falaise vers le Cap d'Erquy où je croise deux randonneurs avec un âne. L'animal ne porte même pas les gros sac-à-dos ! Puis, le sentier rejoint le parking, longe un peu la route qui y mène et birfurque à droite au niveau d'un ancien corps de garde. Le sentier passe à côté d'un autre four à boulet (la guide du fort La Latte avait bien dit qu'Erquy en possédait un !) puis traverse d'anciennes carrières avec ses lacs (soit-disant) bleus.

P1040858Les carrières se situent juste au dessus des bâtiments de la criée d'Erquy, renommée pour la coquille Saint-Jacques mais aussi une des plus importantes de France (4è en valeur et 7è en tonnage).

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Il ne reste plus qu'à descendre sur le port, longer la plage et presqu'au bout, ravitailler au Carrefour City (repas du soir et du lendemain midi) et manger une pizza dans un restaurant.

Ci-dessous la plage d'Erquy vue depuis le sud.

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Bilan de la matinée : 12.8 km et 3h15 de marche (4 km/h) avec peu de pause (à peine 20 mn), un peu moins de 200 m de montée et autant de descente.

 

Je repars à 15h15 depuis la plage du bourg. On longe la RD34 le temps de s'élever un peu vers la Roche Jaune puis je descends sur la plage de Caroual pour marcher sur le sable, d'autant que la marée de coefficient modéré descend.

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Au bout ou presque, je récupère le chemin qui s'élève, non s'en m'être posé la question de contourner la petite pointe rocheuse par l'estran. Au final, j'ai bien fait de suivre le chemin car la marée n'est pas suffisamment basse pour dégager le passage en bas.

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A 16h10, je suis à la plage de Saint-Pabu où je fais une courte pause pour boire et enlever les chaussures. Ce sera les pieds dans l'eau que je traverserai la longue étendue de sable qui donne son nom à quatre plages : Saint-Pabu, la ville Berneuf, Nantois et la plage des vallées. Il fallait juste savoir que la plage de Nantois est fréquentée par les nudistes. A peine une dizaine de nudistes dont certains sont plutôt exhibi car ayant la facheuse tendance à venir se baigner au moment où les "textiles" (nom donné aux non-nudistes) passent. En tout 50 mn pour faire 3 km les mollets dans l'eau et 1h40 depuis Erquy. En bout de plage, je m'arrête sur un banc de rocher pour la pause et remettre les chaussures mais au final, je reste 45 minutes à lire le journal, tremper les cuisseaux, chercher des coquillages, bref la glandouille des vacances !

Première demi-étape de l'après-midi : 6.7 km en 1h40.

 

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Ci-dessus la grande plage selon 3 points de vue. Votez pour votre photo préférée !

Je pars pour la dernière partie d'étape à 18h05. Le sentier remonte sur la falaise et en 25 mn, je suis à la pointe de Pléneuf avec une belle vue sur le Verdelet, un îlot rocheux réserve ornithologique.

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Après avoir contourné la pointe, la vue se dégage sur la plage du Val André. Par un escalier (ci-dessous), on accède au bord de mer. Je décide une nouvelle fois de couper par la plage plutôt que de suivre le bord de mer par la promenade de la digue.

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En 20 mn, je suis à l'autre bout de la plage. Le GR passe dans des petites rues et remonte, ce qui permet d'avoir la vue en surplomb sur toute la plage mais de l'autre côté et avec le soleil dans le dos.

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Ensuite, on contourne la petite pointe de la Guette, on fait le tour de l'anse du Pisso pour arriver devant le corps de garde de la Guette, récemment restauré. A l'arrière plan, la plage du Val André.

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P1040883Le chemin arrive à l'embouchure de la Flora avec une balise blanche et verte sur un amas de rochers qui porte le nom de petite muette.

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L'embouchure a été aménagée avec un port, celui de Dahouet. Quartier animé avec des restaurants et quelques commerces, notamment une boulangerie au niveau du pont sur la Flora. Pont qu'il faut franchir pour ensuite contourner le port de plaisance qui sera mon point final sur le GR34 pour cette étape. Je profite de l'endroit et du soleil couchant pour prendre mon repas sur un banc.

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Il me faudra encore 20 minutes de marche sur une petite route de campagne pour rejoindre la chambre d'hôtes qui m'attend à Saint-Alban. Accueil sympathique (on m'offre un Perrier tranche) et probablement le meilleur rapport qualité / prix du séjour.

Au total pour cette cinquième étape : 25.8 km en 6h25 de marche.

 

étape 6 : le temps s'est gâté pendant la nuit et le départ se fait après une averse orageuse. Les nuages se dissipent un peu et le soleil parvient à percer mais cette éclaircie ne sera pas bien longue et c'est un temps couvert qui prévaudra pour la journée.

Je débute donc par la liaison de la chambre d'hôte vers le GR34 par le trajet inverse de la veille : 20 mn sur le bitume pour rejoindre le port de Dahouët peu après 10h. 10 minutes de marche et j'arrive au bout de l'embouchure de la Flora mais côté rive gauche. Cette fois, la marée est haute et on voit la cale de mise à l'eau et l'arrivée du GR côté rive droite.

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Vingt minutes plus tard, j'arrive au Port Morvan. Encore 20 mn plus tard, je suis sur le parking d'accès à la grève du Vauglin et 25 mn plus tard, j'arrive au parking de la plage du Cotentin. Juste avant, une table d'orientation fait face à la mer. Encore 20 mn et je suis à Jospinet avec un charmand restaurant et des commerces de coquillages et crustacés. Mais c'est surtout le panneau des "distances" du GR qui m'inquiète. Incohérent avec le guide, le panneau annonce 5h30 pour rejoindre Hillion, petit village située 1h avant mon point d'arrivée : Hillion serait à 5h30 de marche contre 3h45 dans le guide. Dahouët est annoncé à 2h sur le panneau alors que je marche depuis 1h45 (je suis pile poil dans les temps du guide). En appliquant le même gain de temps (15 mn par 2h), ça me ferait un peu plus de 4h30 de marche jusqu'à Hillion et 5h30 pour rejoindre mon arrivée. Ce n'est pas ce que j'avais prévu ! Mon inquiétude est accentuée par une douleur au genou droit de plus en plus prégnante que je ressens principalement dans les descentes, douleur que j'avais ressentie il y a fort longtemps lors d'un tour du Queyras et qui m'avait vallu de finir clopin clopant la dernière journée. Heureusement en Bretagne, les descentes sont plus courtes (mais pas moins rares) et la douleur est moins présente sur le plat et absente en montée. De toute façon, il faut poursuivre et le sentier suit toujours de près la côte sur la falaise.

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45 mn après Jospinet, je passe à la pointe de Longue Roche où s'ouvre l'anse de Morieux (photo ci-dessous à gauche). Vingt minutes plus tard, aux environs de 13h, je suis au pied de la chapelle Saint-Maurice qui veille sur l'embouchure du Gouessant. Elle aurait été construite à la mémoire de deux naufragés naviguant sur l'embarcation nommée "le Saint-Maurice".

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J'y fais une pause de 10 mn avant de repartir et m'enfoncer dans ce qu'on pourrait appeler les gorges du Gouessant. Dominant de 50 m l'estuaire classé zone natura 2000 et interdit d'accès direct, le sentier serpente dans les bois et suit le tracé torturé de l'estuaire en partie envasé.

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Cette partie m'a semblé bien longue et un peu démotivante car on sait qu'il faut remonter assez loin dans les terres pour simplement passer de l'autre côté et faire le trajet inverse. Au bout de 35 mn et après une courte et raide descente, j'arrive au pied de l'usine électrique. L'usine fonctionne grâce à la retenue du barrage du Pont Rolland situé juste en amont. Ce barage a été mis en service en 1935 et a conduit à la disparation des moulins de la vallée, sauf le plus en aval à côté de l'usine électrique qui sert de bâtiment de fonction aux agents de l'exploitant de l'usine.

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A 13h50, je suis au Pont Rolland sur la RD34 et je fais la pause déjeuner sur un mur de pierre.

Bilan de la matinée : 12.2 km en 3h20 de marche (3,7 km/h seulement et 3h de marche dans le guide), 265 m d'ascension cumulée, à peu près autant de descente.

Ma pause se limitera au repas que je prends quand même le temps d'avaler. Je repars à 14h30 en ayant conscience que je n'ai pas fait la moitié du chemin. Il me faudra 30 mn pour faire le demi-tour de l'estuaire sur sa rive gauche. Un quart d'heure plus tard et j'arrive au parking de la plage de la Grandville, où je décide de continuer par la plage, histoire de limiter ces mini-montagnes russes du sentier côtier. 15 minutes plus tard, j'arrive à un autre parking, celui de la plage du bon abri. Il faut contourner le camping en passant devant le centre mytilicole (l'anse est truffée de bouchots, invisible avec la marée haute). Le sentier se poursuit à coup de petites montées et descentes, au gré des plages et pointes qui parsèment la côte : plage de Lermot, puis pointe des Guettes et pointe du Grouin (l'homonyme de celle plus connue près de Cancale). De la pointe des Guettes (table d'orientation, atteinte à 16h10), on aperçoit au loin la pointe du Roselier, de l'autre côté de l'anse d'Yffiniac (photo ci-dessous).

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En se dirigeant vers la pointe du Grouin (16h30), c'est Saint-Brieuc qui se dévoile alors que le ciel s'assombrit de plus en plus et que le tonnerre roule. Quelques gouttes tombent et puis l'orage éclate. Je m'abrite dans le sous-bois, met la cape de pluie XXL et m'assois en attendant que l'orage passe. J'arrête même le GPS pour qu'il ne se vide pas avant la fin d'étape.

Bilan depuis le Pont Rolland : 7.1 km en 1h55. Montées et descentes ont diminué avec moins de 100 m.

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Après une grosse demi-heure d'attente, je repars à 17h05 avec la cape de pluie sur le dos car il pleuviote encore. Une demi-heure plus tard, j'arrive au droit de la maison de la baie d'Hillion, identifiée comme gîte étape. Tout est fermé, autant l'espace de visite que les bâtiments autour. De retour à la "civilisation", je n'ai pas trouvé d'information sur un éventuel gîte en ce lieu. De toute façon, la fin d'étape est prévue à Yffiniac, donc il me faut poursuivre. Et un panneau me rappelle, toujours pessimiste, qu'il faut encore 1h30 pour atteindre cette commune chère à Bernard Hinault ! Au niveau d'Hillion (lieu dit "l'hotellerie" atteint à 17h45), la côte s'abaisse notablement et le sentier avec : il longe la grève puis la digue jusqu'au fond de l'anse qui se rétrécit.

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Je quitte le GR au niveau du pont sur le Cré à 18h30. Il me faudra 20 mn pour rejoindre l'Ibis Budget d'Yffiniac.

Bilan de cette troisième partie d'étape ou étape post-orage : 6 km en 1h20, soit du 4,5 km/h.

Pour l'étape entière, il suffit de sommer : 25.3 km en 6h35 (sous les 4 km/h).

étape 7 : départ matinal à 7h30 alors que le jour se lève à peine dans un ciel couvert. Ce départ matinal est lié à deux raisons : un train à prendre à 12h et une inconnue sur la tenue du genou en cours d'étape. Je traverse d'Yffiniac et j'achète mon petit déjeuner à la boulangerie : gâteau breton aux pruneaux et un pain aux raisins. Direction la grève. Il est 8h quand je met en route le GPS à la patte d'oie des grèves. Le parcours va se révéler au final très aisé : il suit l'ancien tracé d'une voie ferrée qui desservait Yffiniac depuis Saint-Brieuc. Jusqu'au lieu dit "le bout de la ville" (8h20), c'est du plat sur le trottoir de la digue en bord de grève et du schorre (les prés salés en batave).

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Ensuite, l'ancienne voie de chemin de fer monte avec une pente régulière dans le sous-bois qui borde la côte. Le chemin s'en écarte près de la grève des courses (8h50). Des courses de chevaux très renommées étaient pratiquées au début du XXè siècle en ce lieu qui en a gardé le nom. Dans les années 1960 et avec l'arrêt des courses, c'est une décharge qui a pris place. Le sentier revient en bord de mer, passe les pointes de Gourien (8h55) et de Cesson (9h10). Cette dernière pointe a vu se développer de petites constructions littorales à l'époque des premières congés payées, empiétant parfois sur le domaine public maritime. L'Etat souhaite aujourd'hui en détruire certaines (comme les paillotes corses) au nom de la loi littoral. Les gardiens de l'histoire et des traditions se battent pour maintenir ces cabanons dont la vocation a quand même changé puisque certains semblent habités à l'année ou presque avec les problèmes de salubrité (assainissement notamment) qui se posent.

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Le sentier contourne par le haut la pointe de Cesson et pénètre dans l'estuaire resséré du Gouët. Il descend au bord des quais un peu avant la Capitainerie du port (9h40) et arrive au pont mobile qui franchit le fleuve (9h55).

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Sans forcer, je suis allé bien plus vite que les indications du guide : 8.5 km en 1h50 de marche effective.

Du pont mobile, la vue se porte sur le port de plaisance de Saint-Brieuc avec en arrière plan, le viaduc de la RN13.

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Bilan

En termes de distance, le GPS indique au cumul 150 km auxquels il faut ajouter les fins d'étapes 1 et 3 (moins de 10 km en tout). Pour cela, 6 jours de marche (5 journées et 2 demi-journées). Ce fut la redécouverte d'une côte et de ports où je n'étais pas revenu depuis plus de 20 ans. La météo très favorable et un découpage aux petits oignons des étapes m'a relancé dans cette quête multi-annuelle du tour de France par les côtes.

Et la suite ? La logique voudrait que je poursuive vers la côte de granite rose en 2014. Mais, la dernière région de France où je n'ai pas mis les pieds étant le Nord, je réfléchis à y faire enfin un tour : partir de la frontière belge et suivre le GR120 jusqu'à la baie d'Authié.