De retour dans le Cotentin pour finir le tour de la presqu'île éponyme le long du GR223 et entamer le GR34 à partir du Mont Saint-Michel.

Comme en 2009, la randonnée a été précédée d'une mise en bouche rugbystique au stade de France pour voir les Gallois. Témoignage en photo cette fois-ci.

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Autre similitude avec 2009 : Coutances qui passe de ville arrivée à celle de ville de départ. Le programme fut le suivant :

étape 1 : Coutances - Hauteville-sur-mer
étape 2 : Hauteville-sur-mer - Granville
étape 3 : Granville - Genêts
étape 4 : Genêts - Courtils
étape 5 : Courtils - Le Vivier-sur-mer
étape 6 : Le Vivier-sur-mer - Cancale
étape 7 : Cancale - Saint-Malo

Matériel : sac de rando 50 litres avec des affaires pour 11 jours (7 de marche et 4 de repos). Poids d'environ 12 kg hors nourriture et eau (2 litres chaque matin au démarrage, soit 2 kg en plus).

Le tracé suivi a été reconstitué a postériori grâce au site visuGPX. Je conseille la vue satellitaire pour suivre le chemin parcouru.

GR223-GR34 de Coutances à Saint-Malo

 

Étape 1 : Coutances - Hauteville/mer

Depuis la gare de Coutances, la remontée vers le centre ville se fait en passant dans les petites ruelles qui débouchent à proximité de l'église Saint-Pierre. En remontant un peu, on arrive sur le parvis de la cathédrale (ci-dessous), une des plus belles de la basse Normandie d'après les guides. A l'origine au XIè siècle, elle était de style roman. L'évêque Hugues de Morville lança en 1210 la construction de la version gothique en s'appuyant sur la structure romane. Les bombardements de 1944 l'ont épargné et elle conserve ses vitraux anciens, les plus remarquables narrant les vies de Saint-Marcouf et Saint-Lô.

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Achat des victuailles pour le midi et le soir (Marché Plus du centre ville) : carottes rappées, jambon, pain, yaourts. J'ai attendu que le soleil daigne éclairer la façade orientée à l'ouest pour prendre une photo de la cathédrale. Ce sera le top départ de la rando.

Démarrage par 1h30 de transit hors GR pour le rejoindre au pont de la Roque : descente dans les rues en direction de l'ouest en passant près du jardin des plantes pour atteindre la départementale qui passe au pied de la ville. On poursuit tout droit par une rue en pente avant d'entamer une petite montée sur le chemin qui rejoint les serres du lycée agricole. En 45 mn, j'atteins Bricqueville. Je poursuis tout droit pour descendre dans la vallée de la Soulles qu'il suffit de longer (chevaux broutant dans les prés) jusqu'au pont de la Roque, atteint 45 mn plus tard, soit 1h30 après le départ de Coutances.

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Le pont de la Roque a été endommagé pendant la seconde guerre mondiale pour empêcher les Allemands de fuir la presqu'île du Cotentin. Si la destruction partielle du pont fut réussie, le but ne fut pas atteint car un autre pont sur la Soulles voisine ne fut pas détruit.

Après le pont, le parcours emprunte les fameux prés salés qui bordent le havre de Régneville. Les grandes marées d'équinoxe étaient en cours ce 21 mars 2011 avec le plus fort coefficient de l'année (118). Si la marée était basse au moment de mon passage, la marée haute du matin a inondé les prés qui sont donc bien humides. La marche se résume à des floc-floc avec pour conséquence, un pantalon bien cochonné en fin de journée. Je n'ai pas pensé mettre les guêtres ! Face au village de Heugueville (de l'autre côté du havre), il faut quitter les prés salés et s'engager sur une petite route qui passe dans les hameaux du Prey et de la Trancardière. On retrouve le littoral à ce niveau avec une vue sur la pointe d'Agon de l'autre côté du havre. La suite du parcours se fait sur la route jusqu'à Régneville ou un sentier piétonnier longe la côte. Depuis le pont de la Roque, il m'a fallu 1h20 pour atteindre Régneville qui possède un petit port et les ruines d'un château.

Il faut poursuivre par la route (RD49 puis RD156, puis RD73 qui franchit le canal de Passerin) avant de retrouver un chemin non bitumé qui passe entre les champs où paissent paisiblement des vaches normandes. On arrive ensuite rapidement à Hauteville-sur-mer et sa digue en front de mer.

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Bilan de l'étape : 20 km en 4h de marche (hors pauses), soit 5 km/h.

Nuit au gîte communal de Hauteville, située au sud du front de mer à 50 m de la plage.

Étape 2 : Hauteville/mer - Granville

Le GR223 passant devant le gîte, l'étape démarre sans transit dans les dunes. Enfin, ça c'est la théorie car en pratique, je suis passé par la plage par préférence personnelle. Au bout d'un gros kilomètre, il faut remonter vers le cordon dunaire afin de contourner le havre de la Vranlée. Et il faut même faire un petit retour dans les terres via de petites routes pour franchir un petit ruisseau par un pont. Le chemin revient vers le bord du havre qu'il longe. On traverse ensuite le hameau des Salines jusqu'au carrefour éponyme. Depuis Hauteville, j'ai mis 1h50.

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Du carrefour, on vire à droite pour emprunter la route digue submersible qui franchit le havre (ci-dessus). La route a été construite il y a quelques dizaines d'années et elle modifie fondamentalement le transport solide à l'intérieur du havre, qui du coup, a tendance à se combler. On regretera une nouvelle fois la modification du milieu naturel, juste pour éviter aux voitures un contour de 2 km et faciliter l'accès aux plages et à un camping.

A noter que par grandes marées, la route est submergée et je suis passé quelques heures après la marée haute, d'où le caractère humide de la route.

Au bout de la route, la plage, qu'il suffit de suivre pour rejoindre le front de mer aménagé de Saint-Martin-de-Bréal : digue et enrochements de protection. Du carrefour des Salines, 40 mn ont suffi.

C'est à St-Martin que j'ai fait ma pause méridienne mais le ravitaillement fut contrarié : tous les commerces sont fermés à cette époque de l'année et seul un restaurant est ouvert. Je décide donc d'aller... sur la plage manger gâteaux et fruits secs. J'y reste près de 3 heures, prenant le soleil bien présent et observant tous les pêcheurs à pied attirés par les grandes marées qui découvrent largement la plage.

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Je repars à 16h en mode "intégral" plage alors que le chemin est plutôt sur le haut de dune. Cela me permet de m'approcher au plus près des bouchots (ci-contre), ces pieux de bois sur lesquels les moules sont cultivées. Il me faudra 1h10 pour atteindre la cale de Donville-les-bains.

A Donville, il faut suivre le front de mer puis grimper sur la "falaise" où une vue se dégage derrière moi sur le trajet de la journée même si une brume de chaleur limite le champ de vision. Avant le cimetière, le sentier est fermée pour cause d'éboulement et il faut repiquer vers l'avenue pénétrant dans Granville. On retrouve le sentier au niveau du musée et du jardin Christian Dior.

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Si le musée est fermé en mars, le jardin est accessible. Outre les fleurs et les plantes, le jardin est parsemé de pannonceaux décrivant chacun un parfum (origine, composition et senteur). A la sortie du jardin, le sentier descend au pied de la falaise qu'il longe jusqu'au casino de Granville.

De là, il faut monter l'escalier qui permet d'accéder à la ville haute (ou cœur historique) construite sur le promontoire rocheux qui avance dans la mer. Un chemin de ronde permet de faire le tour. Je l'ai quitté prématurément pour déboucher à proximité de l'église Saint-Paul et rejoindre la chambre d'hôtes, à quelques rues de là.

Après une douche rapide, sortie avant la nuit pour faire le tour de la pointe du Roc, en passant devant les anciennes casernes réaménagées. A la pointe, phare et sémaphore veillent sur la Manche. Le tour de la pointe est agréable avec quelques panneaux d'information sur la flore et la faune.

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Quelques prises de vue du soleil couchant sur la mer avec une brume toujours persistante. Par temps clair, on aperçoit les îles de Chausey. Je poursuis le tour de la pointe qui débouche sur le port de pêche : arrivée de quelques bateaux à la nuit tombante qui débarquent des coquilles Saint-Jacques dont Granville est le premier port de pêche français en tonnage. Granville est le 5è port de pêche français en tonnage (chiffres 2010) mais seulement le 13è en valeur, et son histoire tient beaucoup aux départs vers les bancs de Terre-Neuve pour aller pêcher la morue.

Pour finir la journée, dîner au restaurant "L'Astérie" près du port.

Bilan de l'étape : 23 km en 4h40 de marche (hors pauses), soit 4,9 km/h.

Nuit en chambre d'hôtes au Logis du Roc à proximité de l'église du cœur historique de la ville. Chambre bien aménagée mais tarif un peu élevé pour un petit déjeuner assez quelconque.

étape 3 : glandouille et emplettes dans Granville avec l'achat de cartes postales et du ravitaillement pour les deux repas du jour. Passage à la Poste pour acheter des timbres. Je ne démarre la journée de marche qu'à 11h45, ce qui est un peu tardif, d'autant que la température est déjà élevée (si, si, je suis bien en Normandie).

Je récupère le sentier au niveau du centre nautique. Il faut emprunter un escalier en bois pour atteindre le haut de la "falaise" (on n'est pas à Etretat non plus !). Petit détour par la pointe Gauthier et sa table d'orientation même si l'horizon lointain est toujours bouché par une brume de chaleur tenace. Une vue panoramique sur Granville se découvre : la ville haute historique sur le promontoire rocheux et la ville basse, gagnée en grande partie sur la mer.

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Un peu avant Saint-Pair-sur-mer (où j'achète le pain), le chemin redescend sur la plage et la marée basse permet d'avancer sur le sable jusqu'à la sortie du village où il faut monter sur la RD911 pour passer un petit fleuve côtier. C'est à cet endroit que je quitte le GR qui fait un détour dans les terres pour suivre le sentier littoral, malheureusement assez mal balisé pour passer un autre petit côtier bien vaseux. Je longe la rive droite du "fleuve", bien humide après la marée du matin et finis par rejoindre la passerelle qui le franchit. Le chemin idéal consiste à récupérer la rue qui débouche sur la passerelle. Passant entre les maisons, le sentier débouche sur la promenade digue de Kairon-plage. Après 1h20 de marche, je fais la pause déjeuner sur un banc face à la mer et avec le soleil.

Après la pause, je descend sur la plage pour une heure de marche jusqu'au bout de Carolles-plage où je récupère le GR. Bien du monde sur la plage et notamment des enfants qui profitent du beau temps.

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A Carolles, changement de physionomie puisque la plage de sable cède sa place à des falaises peuplées d'ajoncs en fleur. C'est l'une des plus belles parties du parcours et le Mont-Saint-Michel commence à se deviner dans le lointain, derrière le rocher de Tombelaine. Après une descente / montée dans un petit vallon, je passe près de la cabane Vauban, cabane d'observation et de refuge pour les douaniers.

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Il semble que ce soit une sortie traditionnelle pour les gens du coin. Un petit kilomètre plus loin, on en découvre une autre, en moins bon état.

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Les falaises se terminent au bout de 1h20 de marche, un peu avant Saint-Jean-le-Thomas. Le GR fait un détour par le village et ses hauteurs mais pour ma part, j'ai poursuivi ma stratégie "plage" visant à suivre le littoral, pour raccourcir un peu l'étape en cette fin de journée (presque 18h).

Après une bonne avancée sur la plage, je passe sur les dunes qui bordent le littoral et je rejoins le bec d'Andaine, un des points de départ pour traverser à pied la baie du Mont-Saint-Michel (avec un guide). Il ne reste plus qu'à bifurquer à gauche au bec pour suivre le littoral à travers les herbus assez humides. J'atteins Genêts à la nuit tombante : il m'aura fallu 1h40 depuis la fin des falaises.

Bilan de l'étape : 27 km réels (30 km théoriques) en 5h20 de marche (hors pauses), soit 5 km/h.

Nuit en chambre d'hôtes au moulin de Genêts (gîte n°333300), dans un ancien moulin (les roues à aube sont encore présentes, photo ci-contre). Chambre bien aménagée avec salle d'eau à portes de saloon mais il ne faut pas avoir la chambre à côté de la roue (bruit de l'eau). La documentation touristique a retenu mon attention (dérive professionnelle) puisque quelques feuilles présentaient l'histoire du village. Il est mentionné une submersion du village en 1758 suite à de fortes marées et à une crue de la Sée et de la Sélune : preuve que le littoral est toujours à la merci des éléments naturels et que Xynthia n'était pas une catastrophe "jamais vue".

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Dans le village, 2 restaurants / crêperie permettent de se restaurer le soir venu.

 

étape 4

Départ avant 10h avec comme objectif d'atteindre Avranches à l'heure du déjeuner pour ravitailler. Le sentier longe d'abord les herbus avec quelques passages boueux (impraticables pendant les pleines mers de vives-eaux), remonte un peu pour passer au Mont Manet (toutes proportions gardées car on domine d'une vingtaine de mètres l'estran). Le sentier redescend avec une partie toujours bien humide vers La Chaussée, hameau atteint en 35 mn depuis Genêts. Un peu plus loin, le chemin remonte dans les terres et suit la petite route pour atteindre la pointe du Grouin du sud. De là, beau panorama sur la baie du Mont-Saint-Michel.

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Retour dans les herbus après la pointe et direction plein nord puis nord-est. Pour éviter de patauger, j'ai alterné marche dans les herbus et marche sur la route (à l'intérieur des  terres) avant de finir sur un chemin blanc un peu avant l'hippodrome. Un bon kilomètre plus loin, on débouche sur le remblai d'une ancienne voie ferrée qui se termine par la passerelle sur la Sée au pied d'Avranches. 2h de marche depuis La Chaussée.

100_7008Le chemin (hors GR) pour monter à Avranches est très mal indiqué : il faut partir à droite pour continuer le GR223, sortir du GR en tournant à gauche et franchir le passage à niveau, puis au niveau du talus de la RN175, tourner à gauche dans l'impasse. Poursuivre jusqu'à la passerelle de la gare qui franchit la route nationale. Enfin, grimper tout droit un chemin piétonnier pour déboucher à proximité du centre ville. N'étant pas sûr de l'impasse et avec un balisage effacé, je suis revenu sur mes pas jusqu'a la passerelle sur la Sée et jai continué au nord vers la gare où j'ai récupéré la passerelle au dessus de la RN175. C'est en fait une variante à peine plus longue.

Ravitaillement (Carrefour Market du centre ville) et déjeuner dans une allée ombragée près du parking du centre ville.

Sortie d'Avranches sous un soleil de plomb en passant devant l'abbatiale. Hors sentier, je rejoins par la route le diffuseur de la Croix verte. Le littoral et le GR sont rejoints un kilomètre plus loin, à Mirey, 40 mn environ après le départ d'Avranches. Un nouveau grand moment de marche dans les herbus humides est au programme avec un terrain bien "labouré" par les ovins. L'opération commando se termine à Bouillé où je croise un couple de randonneurs (enfin, je n'ai vu que la dame qui a reconnu en moi l'Auteur du blog sur le GR223 ! bien le bonjour madame si vous lisez ces lignes !). De là, je passe la surmultipliée et c'est en mode turbo que j'atteins Pontaubaut en 1h25 (2h15 dans le guide). Auparavant, on passe au droit du gué de l'Epine, qui porte mal son nom aujourd'hui. Mais dans un passé lointain, il était possible de franchir la Sélune par un gué. La nature a modifié le cours du fleuve et le gué a disparu.

100_7012Dans Pontaubaut, il y a pont et qui dit pont, dit endroit stratégique en temps de guerre notamment. Ce fut le cas lors de la 2nde guerre mondiale, et les Alliés voulaient le détruire pour empêcher la fuite des Allemands. Mais, les multiples tentatives furent vaines et le pont n'a pas été touché. Juste en aval, un autre pont, de chemin de fer conçu par Eiffel : en rénovation sous une bâche blanche, je n'ai pas pu le voir mais je suis passé 2 fois dessous ! Car après la rive droite de la Sélune, démarée au gué de l'Epine, il faut poursuivre par la rive gauche jusqu'à la pointe de Roche Torin. C'est en mode plus tranquille que je termine l'étape. Après un passage assez court dans les herbus, je poursuis sur une petite route jusqu'à la RD313E (35 mn) que je vais ensuite emprunter jusqu'à la pointe de Roche Torin. Le tracé originel passe en pied ou sur les digues mais des éboulements au bord de la Sélune rendent le passage dangereux : le tracé est fermé au public sur ce linéaire d'un gros kilomètre.

Je reprends le sentier au niveau du bas-Courtils en longeant les herbus. Je profite du soleil couchant pour faire une petite photo du Mont (ok, l'horizon n'est pas horizontal, c'est la fatigue !).100_7015

Bilan de l'étape : 33 km en 5h40 de marche (hors pauses), soit 5,5 km/h, sans compter le détour par Avranches (5 km A/R en près d'1h30).

Nuit en chambre d'hôtes au lieu dit "La Guintre" sur la commune de Courtils. Chambre correcte avec la TV (pour ceux que ça branche) et une cuisine à partager avec les hôtes qui en ont besoin. Bien utile pour ma part.

étape 5

100_7017Départ vers le Mont Saint-Michel, toujours dans la brume. Le chemin passe sur la digue qui sépare les herbus des prés où les moutons paissent. Ci-contre une photo non truquée (contrairement au cartes postales...) des fameux moutons des prés salés. Sur les cartes postales, on voit les moutons juste devant le Mont.

1h15 pour arriver à la Caserne et 20 mn pour le rejoindre le Mont le long de la route digue qui va disparaître d'ici 2014.

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Montée dans la rue principale, passage éclair dans l'église, pas de visite dans l'abbaye (une autre fois, histoire de rentabiliser les 9 € de l'entrée). Retour à la Caserne en 25 mn pour faire les emplettes méridiennes. Traversée du Couesnon sur le nouveau pont inauguré en juin 2010 pour passer en Bretagne mais débouché dans une zone de travaux clôturée qui empêche de récupérer le chemin GR34 (une ruse de "vandale" me permettra d'éviter le détour de 4 km par le pont en amont). Déjeuner face au Mont au bout de la digue de rive gauche du Couesnon sous le soleil revenu. Marche sur la digue, assez monotone avec à gauche les polders cultivés et à droite les herbus. Rencontre d'un troupeau de moutons sur la digue (j'ai même attrapé un agneau) qui pimente le parcours. Arrivée au bout de la digue au niveau de la chapelle Sainte-Anne, puis arrivée dans le village de Cherrueix où je ravitaille en eau (épicerie, presse). Encore une heure de marche pour rejoindre le Vivier-sur-mer, toujours sur la digue.

Bilan de l'étape : 30 km en 6h de marche (hors pauses), soit 5 km/h.

Repas à la pizzéria du village.

Nuit en chambre d'hôtes chez M. et Mme Müller (La Chatonnière). Sans conteste le meilleur rapport/qualité prix du séjour, avec en prime des œufs brouillés au petit déjeuner.

étape 6

100_7043Petit tour à la maison de la Baie en matinée pour en savoir plus sur la mytiliculture et l'ostréiculture de la baie : on y apprend toujours des choses, notamment que la culture des huîtres date des années 1960. Auparavant, on les draguait dans la baie mais la surpêche et une maladie ont fait périclité l'espèce.

Après la visite, départ pour la plus courte étape. Initialement, j'avais envisagé un détour de 2h par le Mont-Dol mais vu l'étape costaud de la veille et celle du lendemain, j'ai annulé. De plus, la brume toujours présente n'aurait pas permis d'avoir un panorama dégagé. Du Vivier, j'ai mis une grosse heure pour rejoindre St-Benoit-des-Ondes, en marchant sur la digue qui longe la route. On passe devant des moulins réhabilités. A la sortie de Saint-Benoît, on tourne à gauche pour emprunter une petite route : pendant une vingtaine de minutes, le sentier s'écarte un peu du littoral qu'il retrouve au niveau du karting. A ce niveau, la côte sableuse et les herbus cèdent la place à une côte rocheuse. A noter que sans la construction des digues (les premières datent du XIè s.), le littoral serait plus dans les terres : autrefois, la mer arrivait aux pieds du Mont-Dol et de Brantages.

100_7048Le sentier passe le plus souvent en surplomb des grèves. Je profite d'un banc près du château de Beauregard pour faire la pause déjeuner. Depuis St-Benoît, il me faudra presque 2h pour arriver à Cancale. Village de pêcheurs par excellence, notamment en partance pour Terre-Neuve et ses morues, il se décompose en deux parties :

- le port de la Houle en bas, avec son front de mer blindé de restaurants, bars et autres hôtels. Les vieillies rues par derrière laissent encore entrevoir des maisons de pêcheurs presque originelles. Avant la construction d'une digue protectrice qui casse la houle, cette ville basse était régulièrement inondée lors des grandes marées.

- le village haut, avec quelques commerces : j'en profite pour ravitailler au Carrefour City pour mes 2 derniers repas.

100_7056Après la pause cancalaise, reprise du sentier littoral facilement accessible depuis le centre ville. Une petite heure de marche me suffira pour atteindre le port Picain où se trouve l'Auberge de jeunesse. Cette partie du sentier est magnifique : bordé d'ajoncs en fleurs, il surplombe la mer avec les deux grosses îles rocheuses (réserve faunistique) à portée de vue.

Repas à l'auberge avec mes victuailles.

Bilan de l'étape : 17 km en 3h50 de marche (hors pauses), soit 4,4 km/h

 

 

étape 7

100_7060Au final, ce sera l'étape la plus longue. La journée démarre sous le soleil en direction de la pointe du Grouin. Le sentier littoral est semblable à celui emprunté la veille depuis Cancale : mer en surplomb et ajoncs en fleurs. Le chemin passe par une petite baie avec quelques maisons et puis c'est le retour définitif à la nature jusqu'à la pointe du Grouin gardée par un ancien sémaphore. Une table d'orientation trône à proximité mais encore une fois la brume ne permet pas d'avoir un horizon très lointain. Le phare du Herpin au large est tout juste visible à l'oeil nu. Depuis Port Picain, j'ai marché 50 mn.

100_7075Après la pointe du Grouin, le sentier se poursuit toujours le long d'une cote découpée voire déchiquetée, avec de temps à autre une crique ou une plage sableuse, une pointe plus ou moins avancée dans la Manche. Après la pointe de la Mouillère, passage sur la plage du Verger et en remontant, c'est un ancien corps de garde (ci-contre), bien entretenu, y compris la pelouse, qui veille sur la mer. Autrefois refuge et point de surveillance des douaniers, c'est aujourd'hui un témoignage de notre patrimoine.

Un peu plus loin et après 1h25 de marche depuis la pointe du Grouin, j'arrive à la pointe du Nid qui précède le fort du Guesclin, lieu privé sur une île qui n'en est plus une à marée basse. L'anse du même nom est une belle plage qui se poursuit par l'anse Margot. Puis, je passe la pointe des Grands Nez, l'anse de la Touesse avant d'attaquer le tour de la pointe du Meinga. Depuis la pointe du Nid, j'ai marché à nouveau 1h25.

100_7084Après le tour de la pointe de Meinga (photo ci-contre depuis le pied sud-ouest de la pointe avec une grande plage qui joint l'île Besnard), le chemin rentre dans les terres et passe au hameau de la Guimorais. Là, il y a la variante marée haute et la vairante marée basse. Pour la marée haute, il faut poursuivre par la petite route vers le sud et après avoir récupérer la grande route, descendre dans le bois vers la droite et franchir le petit bras de mer par un ancien ouvrage imposant, puis longer le bras de mer en rive gauche. Pour la variante marée basse, il faut bifurquer à droite au centre du hameau et descendre vers le bras de mer qu'il faut ensuite longer puis franchir un peu plus à l'ouest sur un petit barrage un peu ruiné. On récupère alors la variante "marée haute" : le sentier longe le havre du Lupin, fermé au nord par un tombolo sableux relaint l'île Besnard au continent.

De là, j'atteins rapidement le hameau de Rotheneuf. Petite pause goûter avant de repartir pour la dernière partie rocheuse de la côte jusqu'à la pointe de la Varde. Près de 2h auront été nécessaires depuis la pointe de Meinga. Dernière pause avant la dernière ligne droite pour rejoindre Saint-Malo par la plage. Le soleil se voile et je termine l'étape sous un ciel gris.

100_7091Je termine par un dernier détour vers le phare de Rochebonne : il me faudra me faufiler dans les rues des premiers lotissements au nord de Saint-Malo pour l'atteindre. La tour rectangulaire blanche de 20 m de haut est surmontée d'une "maisonnette" rouge où trône le feu rouge du phare qui éclaire à 24 miles.

 

 

 

Après ce dernier détour, c'est l'arrivée difficile à Saint-Malo par la plage du Mihinic et la Grande plage, avec la satisfaction du "devoir" accompli.

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La plage du Sillon fut longue avec un ciel de plus en plus couvert.

Nuit à l'hôtel Escale océania sur la chaussée du Sillon. Bel hôtel qui ne paye pas de mine de l'extérieur, classé 2 étoiles et qui les vaut bien. Je conseille la vue sur le jardin et non sur la mer pour la tranquilité (rue passante pour la vue sur la mer). J'ai bénéficié d'un tarif spécial internet (via booking) à 42 € mais le prix "catalogue" est à 170 €/nuit.

Bilan de l'étape : 33 (?) km en 6h30 de marche (hors pauses), soit 5 km/h.

Tourisme : le lundi, visite de Saint-Malo, des remparts et de la plage des Sablons avec un brouillard tenace que la soleil avait du mal à percer, même dans l'après-midi. Si le sud de la ville fut au final ensoleillé, la plage nord est restée dans le brouillard.

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Les remparts de Saint-Malo côté sud

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phare des Bas-Sablons dans le quartier de saint-Servan (14 m de haut et 18 miles de portée)

Bilan GR223

Trois années (2009, 2010 et 2011) avec à chaque fois une semaine de randonnée itinérante au mois de mars m'auront permis de parcourir l'intégralité du GR223 sur le littoral du département de la Manche (d'Isigny-sur-mer au Mont-Saint-Michel), et de démarrer son parcours dans le Calvados. Au total, 15 jours de marche, environ 450 km pour découvrir et arpenter ce fabuleux et trop méconnu GR223. Fabuleux car les paysages côtiers sont variés : de longues plages (vers Utah et sur la côte ouest), des dunes (Biville notamment), des falaises (cap de la Hague), des pointes rocheuses (Granville, Carteret), des havres (côte ouest), des étendues d'herbus (baie du Mont-St-Michel), de petits ports (Barfleur, St-Vaast) et des plus grands (Cherbourg, Granville), des phares (Gatteville, Cap Lévy, Cap de la Hague, Carteret), de la conchyliculture, des marées remarquables, etc.

La Manche n'étant pas réputée pour son climat généreux, j'ai préféré partir en mars et je ne le regrette pas. 2 journées vraiment moches avec une pluie quasi-continue sur les 15 jours, 3 superbes journées printanières en 2009, 2 en 2010 et l'intégralité 2011 sous un soleil généreux.

De chacune de ces 3 semaines, je fais le choix de retenir une adresse à ne pas manquer pour le rapport qualité/prix et la gentillesse de l'accueil :

- M. et Mme Müller (La Chatonnière) : sur le GR34 au Viviers-sur-mer
- le BiâO Cotentin à Bretteville-sur-Ay au sud de Portbail sur la côte ouest
- le Manoir de Cabourg à Réville (chambre d'hôte 333205), un peu au nord de St-Vaast sur la côte est