100_5794Un an et quelques jours plus tard, retour à mon point de départ à Cherbourg sous le soleil et un vent frais. Au programme : la suite des aventures de l'an passé sur le GR223 mais vers la côte orientale du Cotentin et un débordement dans le Calvados.
étape 1 : Cherbourg - Cap Lévi
étape 2 : Cap Lévi - Réneville
étape 3 : Réneville - Montebourg
étape 4 : Montebourg - Brucheville
étape 5 : Brucheville - Isigny / mer
étape 6 : Isigny - Colleville
étape 7 : Colleville - Longues-sur-mer puis Vaux-sur-Aure.

Matériel : sac de rando 40 litres avec des affaires pour 10 jours (7 de marche puis 3 de repos).

GR 223 : de Cherbourg à Longues-sur-mer

étape 1 : Cherbourg-Cap Lévi

Achat d'un casse-croûte dans la même boulangerie que l'année d'avant (formule sandwich - boisson - dessert à 5,5 €). Déjeuner sur la digue après le pont tournant. Départ vers 14h en direction de l'est. Comme l'an dernier, la sortie de Cherbourg implique la traversée de l'agglomération (Tourlaville), en passant le long du port de commerce et en suivant les pistes cyclables. Il faut bifurquer vers la gauche en direction du port des Flamands pour longer le littoral, en passant devant le musée de la marine (qui semble fermé), puis l'institut national des sciences de la mer. On longe alors la plage de Collignon, séparée en deux par la digue de l'est (ci-contre). Celle-ci forme avec celles du large et de l'ouest, une des (la ?) plus grandes rades artificielles du monde avec 15 km².

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Attention : les cartes du guide de la FFRP en ma possession n'indique pas la rocade Est de Cherbourg, aujourd'hui en service. Au bout d'une heure, j'arrive au port Becquet. Deux choix tactiques se présentent : suivre le sentier littoral (option courte) ou suivre le GR (option longue) qui repique dans les terres pour une raison indéterminée. J'ai fait ce deuxième choix, sans grand intérêt à deux exception près :
- un détour hors GR pour voir les vestiges des batteries allemandes qui gardaient la rade de Cherbourg. Sur les hauteurs de Becquet, il faut partir vers le hameau Burnel et traverser la RD120.
- la vue plongeante sur la pointe du Brick et le Cap Lévi, à la sortie de Maupertus, quelques centaines de mètres avant de récupérer le sentier côtier (ci-dessous).

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Je n'ai pas fait le détour par les batteries : le guide ne les mentionne pas (à tort) et c'est à postériori que je les ai vues, via le site du géoportail. En suivant le GR223, il m'a fallu 1h55 pour atteindre l'anse de Brick depuis le port Becquet. Par le littoral, le temps théorique serait de 1h40.

La première étape se termine par 45 mn de marche le long du littoral, à travers la lande, la bruyère et les fougères. Après le passage du petit port de Cap Lévi à marée basse, j'arrive à l'ancien fort éponyme, aménagé en 5 chambres d'hôtes.

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A noter une vue sur Cherbourg et le large, et de nombreux panneaux d'information sur la faune, la flore, les paysages, la géologie, l'architecture normande, l'histoire de la rade de Cherbourg.

 

Bilan de l'étape : 19 km en 3h40 de marche (hors pauses), soit un peu plus de 5 km/h.

Nuit en chambre d'hôte au cap lévi. chambre confortable. Le meilleur étant le petit déjeuner servi dans la véranda au dessus du fort avec vue panoramique sur les côtes et de la Manche.

étape 2 : Cap Lévy - Réville

Démarrage tranquille voire pépère un peu avant 10h pour une journée presque intégralement littorale. Le sentier suit la côte avec une belle vue sur l'ancien fort du cap Lévi (en se retournant) et sa véranda panoramique.

Puis passage au pied du phare éponyme : détruit pendant la seconde guerre mondiale, il a été reconstruit en 1947 en granit rose. La tour de 36 m de haut est à 4 faces incurvée, le feu à éclat rouge a une portée de 20 milles marins (37 km).

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En 35 mn, le petit port Pignot est atteint : est-il plus grand que le port Racine ? ça se discute !

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5 mn plus tard, je suis au Castel de la Mondrée, premier point de passage du guide. De là, je sors du GR pour rejoindre en un quart d'heure la boulangerie / alimentation de Fermanville (hameau Val Bourgin) pour faire le ravitaillement de la journée : au menu rôti de porc et petits suisses aromatisés ! Retour par le même chemin sur le GR, histoire de ne rien rater du sentier côtier. Le tronçon suivant fut un des plus dur car le chemin est très sableux (logique !) mais on ne trouve que du sable mou sur ou derrière la dune, aggrémenté de gravillons sur la plage. Impossible de trouver un secteur où le sable est dur. Mais les paysages de bord de mer sont splendides et je commence à voir poindre au loin le fût cylindrique du phare de Gatteville où je passerai plus tard dans la journée. Cependant, le ciel se voile petit à petit.

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En une heure, la plage du Vick (2nd point de passage) est atteinte et les paysages derrière la plage commence à changer : les marais font leur apparition. Le sentier longe alors les marais derrière les dunes, ponctuées par ci par là des vestiges du mur de l'Atlantique avec de nombreux blockhaus.

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Il me faut 50 mn pour atteindre la RD226 (3è point de passage du guide), puis 1h20 pour arriver au pied du phare de Gatteville.

Majestueux phare dont la plateforme circulaire du sommet culmine à 71 m au dessus du sol. Pour l'atteindre, il faut monter 365 marches (nombre de jours de l'année ; dans la réalité 349 marches suffisent) d'un escalier éclairé par 52 fenêtres (nombre de semaines d'une année), soit 7 étages (nombre de jours dans une semaine). La lumière blanche du phare a une portée de 29 milles (près de 54 km). Du haut du phare, la vue est impressionnante ou vertigineuse. Au près, on voit les marais et Barfleur. Au loin, on peut apercevoir (dixit la personne à l'accueil) le phare du Cap Lévi et les installations d'Areva. Cherbourg n'est pas visible car en repli de la côte et cachée par le relief. A noter également un petit musée sur les phares du Cotentin dans le bâtiment d'accueil.

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100_5842Après cette pause, je poursuis le sentier vers le port de Barfleur que je rejoins en 50 mn. Pause dans le petit port de pêche pour ravitailler en eau notamment, et faire quelques emplettes alors que les nuages ont envahi le ciel. Puis, départ pour la dernière partie du parcours qui longe pendant une bonne heure le littoral, passant d'anse en anse. Les marais derrière la côte ont laissé la place à des champs cultivés (choux et carottes le plus souvent). Un peu avant la pointe de la Loge, le GR rentre dans les terres et va suivre plusieurs petites routes pour retrouver le littoral peu avant le pont de Saire. Le seul avantage de ce retour dans la terres est de passer à proximité de Réville (le centre est à plus d'un km quand même) sur un secteur bien pourvu en chambre d'hôtes. Les plus courageux ne bifurqueront pas dans les terres et poursuivront le long du littoral pour atteindre la pointe de Saire où une belle vue se dégage sur l'île de Tatihou, St-Vaast et plus loin la côte de nacre du Calvados. Le détour fait 2 km.

Bilan de l'étape : 31 km en 6h20 de marche (hors pauses), soit un peu moins de 5 km/h.

Nuit en chambre d'hôte au Manoir de Cabourg à Réville (gîte n°G333209). chambre très confortable avec murs en pierres apparentes. Seul petit "souci" : dans la nuit, la corne de brume de Saint-Vaast-la-Hougue a été mise en service avec une sirène toutes les trente secondes. Il m'a fallu sortir les bouchons anti-bruits !

100_5850étape 3 : Réville - Montebourg

Démarrage dans la grisaille même si la brume nocturne s'est levée. Du manoir de la chambre d'hôte, je récupère le sentier littoral au pont de la Saire, pourvu de portes à flot (ci-contre). Le sentier suit alors la crête de digue en béton entre le pont et Saint-Vaast-la-Houge sur 3 à 4 km. Sur tout ce linéaire, on a une très belle vue sur la pointe de Saire, l'île de Tatihou et ses fortifications Vauban, et les parcs à huîtres où la ronde des tracteurs n'en finit pas à marée basse.

100_5851Pause ravitaillement à Saint-Vaast après 45 mn de marche. Surprise sur le port : la bateau "le Marité", célèbre par son tour de France des ports effectué en 2004 dans le cadre de l'émission Thalassa est présent, sans son gréement. D'après l'office du tourisme, il est en réparation.

100_5858Poursuite du sentier avec une sortie de Saint-Vaast sur la digue qui mène à la pointe de la Hougue. Un détour de 20 mn A/R permet de rejoindre la deuxième tour Vauban, similaire à celle sur l'île de Tatihou. Hors ce détour, le chemin longe la côte et il me faut 55 mn pour atteindre le lieu dit "le Rivage" qui dépend de Quettehou. Quelques maisons face à la mer. Je m'installe sur une table en bois pour la pause déjeuner (filets de maquereau, macédoine de légumes, fromage de chèvre), qui dure une bonne heure avec quelques gouttes tombées du ciel. Le temps du repas et la mer est montée à proximité du rivage.

Je reprends le sentier qui longe le littoral marécageux. J'atteins le petit port de la Sinope à Quinéville en 1h30. C'est au niveau de ce village que le sentier entre dans les terres afin de passer par Montebourg, puis Sainte-Mère l'Eglise, deux lieux importants du débarquement de 1944. Cette  partie hors littoral est moins intéressante à mon goût : certes, le bocage normand a son charme mais il est moindre que celui du littoral. Et le sentier emprunte beaucoup de portions bitumées, guère agréables avec les chaussures de randonnée. Sans parler de l'humidité des sols dans les parties terreuses. Bref, c'est in fine une petite déception que de quitter la mer. Ayant réservé la nuit à Montebourg, je me devais de suivre le parcours dans les terres. Mais si c'était à refaire, j'aurai poursuivi par la plage (en fait une longue portion endiguée) jusqu'au grand hameau des Dunes de Ranevoville où j'aurais repiqué dans les terres pour atteindre Sainte-Mère-l'Église, passage à ne pas manquer.

100_5863Poursuite du GR223 : depuis Quinéville, il faut d'abord suivre la route jusqu'à l'église située en hauteur, à proximité de laquelle on a un beau panorama sur la côte. De routes en chemins et de tours en détours, j'arrive à Fontenay en 1h10 non sans être passé devant le château de Corcy (ci-contre mais fermé à la visite à cette époque). Une heure plus tard, j'arrive à Montebourg avec un retour un peu difficile à la civilisation, et notamment au bruit de la circulation automobile.

Bilan de l'étape : 26 km en 5h20 de marche (hors pauses), soit un peu moins de 5 km/h.

Nuit à l'unique hôtel de Montebourg (hôtel du midi) avec un rapport qualité prix correct (chambre avec coin douche / WC pour 36 €).

Une pizza en guise de repas.

 

100_5866étape 4 : Montebourg - Brucheville

Démarrage difficile car une ampoule au petit orteil (!) me fait bien souffrir pour marcher. L'idée d'arrêter me traverse l'esprit mais je me ressaisis. Je trouve un bâton et je m'en sers de béquille pour soulager les appuis du pied droit sur le sol. Efficace. Il me faut 2h15 pour atteindre clopin clopant Sainte-Mère-l'Église. Devant la mairie, un monument commémoratif et la borne 0 de la voie de la liberté qui retrace le chemin de la reconquête du continent européen par les Alliés et qui va jusqu'à Bastogne en Belgique.

100_5867Il est 11h du matin et il est temps de visiter le musée Airborne qui retrace l'historique des parachutages des troupes alliées en juin 1944 sur le Cotentin. Cartes, matériels, engins, tenues des rangers, témoignages et journaux d'époque composent l'essentiel de la riche collection.

100_5891Midi sonne au tocsin de l'église où est accroché pour l'histoire un mannequin symbolisant le soldat resté perché plusieurs heures au clocher avant d'être fait prisonnier par les Allemands. Ravitaillement : le menu sera composé d'une salade carottes / betteraves, de rillettes et de figues sèches. Pique nique sur un banc devant l'église avec un soleil radieux.

100_5898Reprise de la marche vers 13h30 : le sentier suit des routes et des chemins, traverse Turqueville, Saint-Martin-de-Vareville. A noter que toutes les routes du secteur portent le nom d'un soldat américain tué au combat.

100_5902Pour finir, le GR rejoint la plage d'Utah Beach au droit du monument Leclerc. C'est la marée haute et on ne mesure pas l'étendue de la plage. Un second passage à marée basse post randonnée me permettra de voir la profondeur de la plage, aujourd'hui utilisée pour l'élevage des huîtres.

Le temps se dégrade avec un ciel qui se charge et quelques gouttes qui tombent. Chemin au choix : sur la dune avec un sentier qui serpente, monte et descend ; ou sur la plage directement. Après avoir testé la dune, je finis sur la plage, ce qui est plus pratique. On peut remonter au niveau du musée d'Utah Beach où de nombreux monuments commémorent le débarquement sur cette plage. C'est aussi ici que la borne 00 de la voie de la liberté est implantée.

100_5908Il est trop tard pour visiter le musée et je poursuis le sentier par la RD329. Si la marée le permet, il est peut-être possible de poursuivre par la plage, à moins que ce ne soit trop marécageux. L'orage éclate afin que je teste mes équipements anti-pluie ! Je sors du GR quand la RD329 amorce un grand virage à droite (passage de Mac-Gowan à Effler Road). En 45 mn, je suis au gîte de Beaucron.

Bilan de l'étape : 32 km en 7h de marche (hors pauses), soit une vitesse moyenne de 4,6 km/h.

Nuit au gîte de Brucheville pour la modique somme de 18 €. Accueil très sympathique et le lait du matin m'a été gracieusement offert.

 

étape 5 : Brucheville - Isigny

Au réveil, le plafond est bas et il pleut. Je prends le petit déjeuner et patiente en espérant une accalmie de la pluie qui ne vient pas vraiment. Je décide finalement de partir avec la cape de pluie sur le dos. Caprice des Dieux, la pluie s'arrête, les nuages se dispersent un peu et le soleil pointe son nez. Le GR traverse les marais du pied oriental du Cotentin, marais où périrent de nombreux parachutistes lors du débarquement : les Allemands avaient pris soin de noyer les marais en détruisant les digues des polders. La route est le seul chemin qui traverse les marais et cette marche sur le bitume me provoque une nouvelle ampoule, à l'autre petit doigt de pied ! Du coup, je marche sur le petit accotement en herbe à un rythme moins soutenu.

Avant de passer sous la voie rapide (RN13), découverte du château du Bel Esnault. Après la voie rapide, le chemin se poursuit au milieu des champs, puis rejoint la RD913 qui permet de franchir la Douve avec un pont muni de portes à flot. J'arrive à Carentan où je ravitaille (Carrefour Market). Je bifurque ensuite vers le centre ville et le port. Je commence la pause déjeuner vers 14h bien tassé avec un ciel qui s'obscurcit. Et puis vient un grain : je m'abrite comme je peux pour finir le repas. Je remets la cape de pluie et c'est reparti sous la grisaille le long du bassin à flot avec des cormorans perchés sur les balises du chenal. J'arrive à l'écluse du Haut-Dicq, qui fermée, maintient un niveau constant dans le bassin. Vers l'aval, c'est le niveau marin que l'on trouve et c'est plutôt la basse mer au moment de mon passage. Le GR suit le canal de Carentan, endigué. Au lieu dit "les Moulins", je bifurque à droite pour raccourcir le trajet, car il pleuviote et l'horizon est bouché. Inutile de marcher pour marcher et de suivre le GR qui passe au coeur du polder. Je prends un chemin au milieu des champs, tombe sur un troupeau de vaches mi-surprises, mi appeurées, prend un bout de RD89, reprend un chemin boueux, longe la RD443 et récupère le tracé du GR sur la RD444 après le lieu dit "la Rosière". Un bout de route jusqu'au carrefour de la Blanche où je tourne à gauche le long de la RD974, qui devient la RD197A au pont du Vey : le pont avec des portes à flot, franchit la Vire qui fait office de limite départementale entre la Manche et le Calvados. Après un bon 500 m de marche et une courbe à gauche, le GR emprunte le tracé rectiligne d'une ancienne voie ferrée. Après un dernier petit contour, on arrive sur les berges de l'Aure qu'il faut suivre pour atteindre le centre d'Isigny-sur-mer.

Bilan de l'étape : 31 km en 5h45 de marche (hors pauses), soit 5,3 km/h, l'étape avec la vitesse moyenne la plus rapide.

Nuit à l'hôtel de France à Isigny-sur-mer avec une soirée étape généreusement accordée (en théorie, c'est uniquement pour les VRP) pour la somme de 64 €. Chambre correcte et repas de bonne facture : soupe de poissons, choucroute de la mer, fromage blanc à la confiture de lait.

étape 6 : Isigny - Colleville

100_5923Le guide de la FFRP devient inutile puisqu'il démarre (ou finit) à Isigny-sur-mer. Je n'ai pas trouvé la version du guide pour le GR223 dans le Calvados. Mais, j'avais imprimé le tracé de la suite de mon parcours sur les fonds de plan de l'IGN, Même si à priori, le tracé semblait simple : suivre le littoral.Départ en longeant la rive droite de l'Aure sur une route en impasse qui amène au parcours de pêche à la truite. Au niveau des premiers bassins, l'Aure rejoint la Vire. Le chemin longe sur une digue en terre le chenal de la Vire orienté sud-nord. On passe à côté d'une ancienne pisciculture, à proximité de la pointe du Grouin. De ce lieu, la Vire débouche dans la baie des Veys (ci-contre). Un peu plus loin, le chemin débouche près d'une ferme : il faut passer à travers les prés où paissent les vaches pour retrouver le littoral. Littoral qu'il suffit alors de suivre (sur la plage ou derrière la dune en fonction de ses envies ou de la marée) pour atteindre le port de Grancamp-Maisy.

100_5927Ravitaillement dans les commerces du village et pause déjeuner d'une petite heure en bord de plage. Reprise en poursuivant le long de la côte et en profitant de la marée basse pour couper un peu par la plage. Après un quart d'heure de marche, le chemin arrive au pont du Hable avec une petite cale de mise à l'eau. C'est à partir de ce point que le tracé du GR s'enfonce dans les terres. En effet, c'est aussi à partir de ce point que la cote s'élève et que la plage laisse place à des falaises. Celles-ci étant friables et risquant de s'ébouler, un arrêté préfectoral datant de 2001 interdit le cheminement en haut des falaises où passait autrefois le GR. Les interdits étant faits pour être bravés, il faut savoir deux choses :
- Au dire des "locaux", cet interdit est surtout un parapluie de l'administration, à savoir pouvoir se dédouaner en cas d'accident.
- le haut de la falaise est occupé par des champs cultivés ou non : il est donc tout à fait possible de marcher loin du bord de la falaise (sous-réserve que les cultures ne soient pas trop hautes mais en mars, pas de risque).

Sans connaître le premier point, j'avais décidé de suivre le plus longtemps possible le haut de la falaise, quitte à passer dans les champs pour s'éloigner du "bord" de falaise. Ce choix raisonnable permet de conserver une vue sur la Manche et la côte, et de raccourcir le parcours.

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De cette manière, j'atteins la Pointe du Hoc (photos ci dessus vue de l'ouest puis de l'est) en une heure depuis Grancamp. Ce bout de territoire appartient depuis la fin de la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. Non que ce soit un bout de territoire français conquis mais il a été offert par la France en hommage aux 225 rangers qui ont pris cette pointe au petit matin du 6 juin 1944. La pointe était un point stratégique où les Allemands avait placé plusieurs batteries de tirs qui pouvaient compromettre le débarquement sur les plages normandes.

100_5944De la pointe du Hoc, le sentier se poursuit en haut de falaise et il me faut 1h40 pour atteindre Omaha Beach (ci-contre). Le sentier redescend donc sur la plage où il ne reste en vestige qu'un bout de ponton en béton. Au début, de la plage, un monument est dressé. D'un côté, j'ai la malchance qu'une averse s'abatte sur la plage. De l'autre, la fin de l'averse est marqué par un très bel arc-en-ciel qui vient fendre ce monument.

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Le plus simple est ensuite de longer la plage (soit sur le sable, soit sur le trottoir) jusqu'au point où le sentier vire perpendiculairement à la plage pour grimper sur la falaise dunaire. Le chemin passe à proximité de l'ancien aérodrome mis en place sur la commune de Saint-Laurent dans les jours qui suivirent le Débarquement. puis, le chemin passe à proximité du cimetière américain de Colleville-sur-mer, dont l'emprise est, comme la pointe du Hoc, cédée aux Etats-Unis. Autre possibilité, poursuivre par le bord de mer jusqu'à la zone touristique aménagée au pied des hautes dunes où le cimetière est implanté.

A la sortie du cimetière, il est préférable de faire un petit détour par les batteries de ... et le monument à la gloire de la première division d'infanterie américaine. Il est possible ensuite de continuer par le bord de mer. Pour ma part, mon point de chute étant dans le village de Colleville, j'ai pris le "nouveau" tracé du GR pour rejoindre la chambre d'hôtes.

Bilan de l'étape : 32 km en 6h45 de marche (hors pauses), soit 4,8 km/h en moyenne.

Nuit en chambre d'hôtes au Clos Tassin à Colleville-sur-mer. Chambre de très bonne facture avec salle de bain, le tout pour 41 €.

étape 7 : Colleville - Vaux/Aure

La journée commence avec un plafond relativement bas. Je récupère le GR223 en empruntant de petits chemins au nord-est de Colleville. Le sentier suit des chemins agricoles sur le plateau avant de descendre vers la côte à Sainte-Honorine. J'avais rejoint ce point en 55 mn.

100_5963 Là, trois solutions s'offre à moi : emprunter le sentier littoral (toujours interdit au public par arrêté préfectoral), suivre le GR qui rentre un peu dans les terres, ou la jouer sport par le bord de mer, c'est-à-dire le pied de falaise. J'ai choisi cette dernière option qui nécessite quand même une précaution importante vis-à-vis de la marée : s'assurer qu'elle est descendante ou basse. Dans le cas contraire, c'est risqué car en pleine mer (j'ai pu le vérifier à postériori), l'eau vient butter contre la falaise, sans possibilité de repli. J'ai mis 45 minutes pour atteindre Port-en-Bessin, le risque reste limité vu le temps relativement court mais sachez aussi que la montée de la marée est rapide. Le parcours est quand même sportif car le sol est au mieux gravillonneux, au pire ponctué de petits rochers. il faut donc avancer lentement, trouver les bons appuis, ne pas mettre les pieds dans les grosses flaques.

Port-en-Bessin : petit port fort sympathique avec des commerces et restaurants nombreux, donc de quoi ravitailler. Arrivé sur le coup de midi, je ne suis reparti que vers 15h, le temps de manger un moules-frites dans un restaurant, de lire le journal et de prendre quelques photos.

100_5967Puis poursuite du sentier littoral qui redémarre près de la tour Vauban. Là encore, sentier interdit mais il y a la place pour marcher loin des falaises. En un peu moins d'une heure, j'atteins l'ancien sémaphore, abandonné. Le nouveau est construit à l'ouest de Port-en-Bessin. Et 15 minutes plus tard, c'est le site des batteries de Longues-sur-mer que je rejoins. Site stratégique, composé de 4 canons de 152 mm de 20 km de portée, relié à un poste de commandement avancé avec une vue sur le littoral. Ces batteries menaçaient directement les sites de débarquement (Gold et Omaha), ainsi que le flotte de débarquement.

Des bombardements de près de 1000 bombes dans la nuit du 5 au 6 juin ont eu un effet limité puisque la batterie de tirs fonctionnait encore parfaitement le 6 juin. Ce n'est que le 6 juin au soir qu'elle stoppa ses tirs, vaincue par l'artillerie marine des alliés.

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Arès cette dernière visite, je suis rentré dans l'intérieur des terres en suivant de petites routes pour rejoindre mon point d'arrivée.

Bilan de l'étape : 16 km en 3h45 de marche (hors pauses), soit 4,2 km/h en moyenne (la plus faible).

Nuit en chambre d'hôtes au grand Fumichon à Vaux-sur-Aure. Chambre de bonne facture avec salle d'eau et cuisine séparée bien équipée. J'y suis resté 4 nuits, à 36 € la nuitée plus petit déjeuner.

Bilan : 7 jours de marche, un peu moins de 200 km. Des paysages différents de la côte ouest du Cotentin, à mon goût plus belle. Passage près de lieux témoins de la seconde guerre mondiale qu'il faut avoir visité une fois dans sa vie. Un temps printanier en général avec un orage un soir et une journée de giboulées. Des ampoules aux petits orteils : très gênants. Trois jours de repos pour revenir en voiture sur certains lieux, visiter d'autres sites (Arromanches) et Bayeux (musée de la libération et tapisserie).

Suite envisagée en 2011 en partant de Coutances : descente de la côte ouest du Contentin, passage au Mont Saint-Michel et fin probable à Saint-Malo.