Jeudi 10 : Toulouse - Syracuse

Départ de Toulouse-Blagnac le jeudi 10 septembre au matin. Special thinks à Lilli la Tigresse (qui se reconnaitra) pour m'avoir amené à l'aérogare malgré les embouteillages toulousains. Ouvrons tout de suite une parenthèse sur le trafic de l'aéroport toulousain depuis une dizaine d'années (extrait de ma bdd personnelle sur le trafic aérien en France). En 11 ans, le trafic a été multiplié par 1,5. Parallèlement, le nombre de mouvements (je traduis pour les non-initiés : un mouvement = atterrissage ou décollage) a augmenté moins vite, ce qui signifie que les avions emportent en moyenne plus de passagers. 1997 : 4 287 352 1998 : 4 606 100 1999 : 4 974 000 2000 : 5 247 390 2001 : 5 187 007 2002 : 5 288 503 2003 : 5 257 909 2004 : 5 563 090 2005 : 5 747 415 2006 : 5 899 070 2007 : 6 111 201 graphique à venir Décollage à 10h45 direction Catane, 4è aéroport italien par sa fréquentation, via une escale à Rome (preuve que tous les chemins mènent à Rome !). Une grosse heure de correspondance dans la capitale italienne et me voici arrivé à 15h à Catane en Sicile. Attente relativement longue près du tapis roulant avec une petite crainte : vais-je retrouver mes bagages ? J'avais lu dans la presse la semaine précédente que l'aéroport de Rome était réputé pour ses pertes, vols et retard de livraison de bagages. Mais no souçaï, je vois arriver sur le tapis roulant mon sac de voyage. Soulagement. Direction le hangar de location de voitures. J'ai choisi Sixt (comme en Crête !) en prenant une assurance en béton avec franchise accident et vol à 0€. Sait-on jamais. Je donne donc ma « drrriving licence et maï crrredit carddd pour récupérer une fabuleuse,,, Ferrari... euh non, en fait une Chevrolet Aveo ecologic, c'est-à-dire GPL. A croire que l'agence savait que je roule avec ma voiture perso au GeuPeuLeu. C'est certes pas la panacée mais c'est toujours mieux qu'un poêle à mazout « moderne ». Manque de bol, j'ai voulu faire le plein de GPL mais il fallait un embout spécial et il n'était pas dans la voiture. Je roulerai donc au Senzo plumio et ses odorantes senteurs de benzène. Direction Syracuse par la SS114 et un tronçon d'autostrade, à la recherche du camping, repéré dans le guide du routard et désigné comme « le meilleur camping de l'île ! ». Je n'avais pas noté toutes les infos pour trouver le meilleur camping de l'île mais avec mon sens inné de l'orientation, je comptais bien le dénicher facilement. Dans la pratique, ce fut un peu plus dur. Tout d'abord, prendre la mauvaise sortie d'autoroute, puis la mauvaise route, puis arriver proche du centre ville vers 17h30, à la sortie des bureaux (qui a dit qu'il n'y avait pas de bureau à Syracuse ?!), faire un demi-tour à l'arrache (comme la conduite italienne faite de « tut tut tut, pousse-toi que je m'y mette, je passe même si j'ai pas la priorité, je te double avec la ligne blanche, bref, une petite anarchie. Comme j'ai pris quelques cours à Marseille, ça n'a pas été trop dur de s'habituer ;-) Mais l'heure file, le ciel se noircit, l'orage se rapproche et finit par éclater. J'ai la lumineuse idée d'aller au Carrefour (quoi de mieux qu'un hypermarché pour faire la connaissance du pays ?), espérant dénicher une carte routière (j'avais pas dit que j'en avais pas ?) et quelques victuailles pour la soirée. Pour les victuailles, j'ai trouvé avec difficultés. Car l'Italien est fourbe : il ne mange pas comme nous, Français ! Pas de plat préparé (à quoi sert la mama sinon ?), pas de jambon, pas de vrai pain, pas beaucoup de yaourt, pas de figolu (heureusement, j'en ai importé) et pas de cartes routières. Là, j'ai vraiment pensé que j'allais dormir dans la voiture. Mais je suis reparti en quête du camping dans la nuit tombante et avec des routes bien inondées. Et oh miracle, j'ai fini par voir le panneau du camping (soit disant à 2 km de Syracuse) mais trop tard ! J'ai dû poursuivre, faire demi-tour, revenir en arrière, tourner à gauche vers la gare désaffectée (dixit le guide) puis à droite pour arriver au camping. Accueil aimable par la tenancière qui me dit que je pouvais me mettre où je voulais.

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Je file donc un peu à l'écart sous un gros olivier (le camping sympa du routard sous les oliviers et les eucalyptus !). Bref, avec les phares de la voiture (enfin, un phare car le droit est grillé), je monte ma T2 ligth + from D4lon à fond la forme (elle est belle hein ?). 5 ans que la pauvre tente n'avait pas vu le jour (mon ex n'aimait pas le camping !). M'enfin, c'est vite monté et hop au dodo dans le duvet T10 light (900 g !) de couleur orange qui pète (du orange qui pète pas, ça existe ?). Avec les BAB (bouchons anti-bruits pour les non-puristes), la nuit se passe bien.

Vendredi 11 : sud-est Sicile

Départ à 9h du camping pour profiter de la journée qui est déjà chaude et ensoleillée. Petite parenthèse "astronomique". Pas de décalage horaire avec la France pour l'Italie en général et la Sicile en particulier. Mais la cote orientale de l'île est traversée par le méridien de 15è longitude Est (le méridien 0 passant par Greenwich et Bordeaux). Or, 15 degrés équivalent à 1 heure de soleil dans son parcours dans notre ciel. En conséquence, le soleil se lève et se couche une heure plus tôt en Sicile qu'à Bordeaux. A proximité de l'équinoxe, le soleil se lève donc vers 7h pour se coucher vers 19h. Fin de la parenthèse. Donc, Syracuse avec pour commencer le parc archéologique : l'anfiteatro romano, le teatro greco et l'orecchio di Dioniso.

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L'amphithéâtre romain est moyennement conservé avec un seul hémicycle en bon état. Contrairement au théâtre grec, on ne peut pas circuler à l'intérieur. Le théâtre grec est grandiose et il reste même des inscriptions en grec sur certains murs des gradins. Pour l'oreille de Denys (un des « gouverneurs » de la ville), il s'agit en fait d'une carrière creusée dans la paroi rocheuse avec la forme d'une oreille, puis transformée en prison. La légende prétend que Dénys l'Ancien écoutait ses adversaires dans cette grotte grâce à son acoustique exceptionnelle. Donc, le parc archéologique, c'est de la vieille pierre romaine et grecque.

Car, un peu d'histoire, Syracuse a été colonisée par les Grecs au 8è s. avant Jean-Claude, puis occupée par les Romains, les Barbares, les Byzantins, les Arabes et les Normands. Sans parler des Aragonais, des Angevins, des Souabes, etc qui ont tour à tour pris possession partielle de l'île. La Sicile est rattachée au royaume italien depuis 1860 et bénéficie d'une autonomie depuis 1946 avec un Parlement siégeant à Palerme.

100_5029Après les vieilles pierres, direction Ortygie, l'île où tout a commencé avec la colonisation par des Corinthiens. L'île est relié à la terre ferme par deux ponts parallèles. L'influence grecque n'est plus présente dans le style et c'est surtout le style « baroque » qui domine. Rien de mieux que le petit Larousse pour la définition du baroque : « style artistique et littéraire né en Italie à la faveur de la réforme catholique et qui a régné sur une grande partie de l'Europe et de l'Amérique latin aux XVII et XVIIIè s. Le baroque veut étonner, toucher les sens, éblouir et y parvient par des effets de mouvements et de contrastes lumineux, de formes tendues et contrariées jusqu'à suggérer l'éclatement, de perspectives jouant du trompe l'œil. » En gros, c'est un peu tape à l'œil comme style.

100_5024Et dans Ortygie, on trouve des petites rues agréables, des places (la piazza Archimède ci-contre), des fontaines ou des palais, des bords de mer offrent des vues sur la ville « neuve ». Le temps d'enfourner une bonne glace au limone et c'est l'heure de quitter Syracuse.

Direction Noto, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité (et un site de plus dans la besace) pour son style... euh ben baroque.

100_5051 Rien ne vaut un bon guide vert Michelin pour donner envie d'y aller : « Noto est un petit bijou baroque accroché à un haut plateau (bon, c'est pas l'Attacama non plus). Cette ville, si harmonieuse qu'elle évoque un décor de théâtre, doit pourtant son incroyable charme à une tragédie : le tremblement de terre de 1693 à la suite duquel la ville a été reconstruite avec des pierres locales qui ont pris une teinte rosée avec le temps ». Et donc, il faut aller voir Noto dans les lueurs du couchant pour mettre encore plus en valeur ce rosé. Mais Zeus en a décidé autrement et c'est un orage qui s'est abattu sur la ville pendant une bonne demi-heure. Merci aux arcades du palais Ducezio de m'avoir protégé de la pluie. En gros, la ville se compose d'une artère principale coupée par trois places avec des palais ou des édifices religieux.Bref, faut aimer le baroque et les églises. Bof !

Retour dans la nuit à la case camping pour finir la soirée. En parlant de camping, si c'est le camping le plus sympa de l'île, ça fait peur. Sanitaires sales non nettoyés quotidiennement (hebdomadairement ? mensuellement ?), jetons à réclamer pour la douche chaude, plein de déchets parsemant le sol malgré les poubelles, pas d'emplacements clairement délimités, quelques arbres pour faire de l'ombre, éclairage très tamisé des sanitaires. C'est là qu'on regrette le camping municipal 1* de Montbouzeux-les-Choux. Vive la France pour le camping. Je ne parle même pas du prix. Allez, si ! 12 € la nuit pour une tente, une voiture et une personne. Vive les vacances et l'aventure !

samedi 13 :

Il est temps de replier la tente et de s'enfuir de ce camping pourri.
Au programme : longer la côte au nord de Syracuse et tenter de voir certains vestiges archéologiques. la sortie de Syracuse par le nord par la SS114 n'a rien de folichonne : comme en France, ce sont des zones industrielles et commerciales auxquelles s'ajoutent des raffineries. beurk !

100_5056J'arrive à Augusta où je déjeune dans un square près du fortin, que l'on ne peut pas visiter et qui n'a pas l'air en très bon état. Dommage que ce type de monument ne soit pas ouvert à la visite.
Au pied du fortin, un reste d'une des portes qui donnaient accès à la cité à une époque passée (ci-contre).

Puis passage par Leontinoi pour voir des ruines. ouaih bof. l'heure avance et je repars vers l'aéroport de Catane où je dois rendre la voiture à 16h, non sans avoir fait le plein. Le "senzo plumio" est sensiblement au même prix qu'en France mais le gazole semble plus cher de 0,10 €.
Arrivée à Catane un peu avant 16h : je rends la voiture. Finalement Sixt a été sympa puisque j'ai payé 90 € au lieu des 125 du devis. Je vais devoir patienter jusqu'à 19h pour l'arrivée du groupe prévue à 19h en provenance de Roissy. Avec un bon bouquin (Astronomie populaire de Flammarion), le temps passe vite et les 19h sont vite là.
Je trouve Ugo, notre guide, avec son panneau Terre D'aventure tendu à bout de bras pour appâter le groupe. Un par un, les aventuriers arrivent et nous partons pour Milazzo au nord-est de la Sicile. 2 minibus Mercedes de 9 places nous attendent. sachant que nous sommes 11 plus le guide plus les 2 conducteurs, ça fait 14 personnes pour 18 places. bref, on n'est pas dans des boîtes de sardine et les minibus sont confortables. Bien que sur autoroute et prévu pour 1h30, le trajet semble long, d'autant que la nuit est tombée et que personne n'ose engager la conversation.
Nous arrivons vers 21h30 à Milazzo et découvrons notre hôtel 3* à 200 € la nuit. Je partage la chambre avec Jacques, 59 ans, qui a déjà l'air d'un habitué de ce style de voyage (en discutant, il en est à 25 voyages de ce type !). On file vite au restaurant avec les fameuses pâtes "al dente" en premier plat, puis de la viande et un dessert. C'est l'occasion de discuter enfin avec le groupe qui se compose donc de 12 personnes (le 12è arrivera plus tard dans la nuit) :
- Céline et Roger, couple retraité de La Rochelle, bien connue de Richelieu
- Irène et Jean-Pierre, la cinquantaine, couple du Finistère sud,
- Jacques donc mon compère de chambrée, 59 ans de Grenoble, la ville multi-risques
- Isabelle, 33 ans, de Maison-Alfort,
- Sylvie, xx ans, de Martinique (célèbre pour son ti punch),
- Virginie, 31 ans, de Melun (et son célèbre camping),
- Christophe, 38 ans de Marseille (et son célèbre vélodrome où qui ne saute pas n'est pas Marseillais),
- Stéphane, 28 ans, le plus jeune, de Paris (qu'on ne présente plus).

Premier contact où l'on apprend que certains sont des habitués de ces voyages, que d'autres (comme moi) découvrent ce type d'aventure, qu'il y a les pros de la rando et les novices. Pour bon nombre, le voyage a été choisi en dernière minute ou presque.

dimanche 14 : le Stromboli

Première grande journée avec la grimpette au Stromboli prévue en soirée si les conditions volcaniques et météorologiques le permettent.
Mais la journée commence avec le petit déjeuner à l'hôtel puis le transfert en bateau vers l'île de Stromboli. Nous prenons les navettes rapides (hydrofoil) mais le trajet n'est pas direct : il faut faire un stop à l'île de Vulcano et changer de bateau à Lipari. Au bilan, plus de 3h de traversée pour arriver à 12h45 sur l'île de Stromboli.
L'approche par la mer est relativement impressionnante avec un volcan de forme typiquement conique. Le volcan est l'île ou l'île est le volcan ! il n'y a que deux villages (San Vicenzo et Ginostra) qui ne sont en communication que par la mer. En effet, l'activité permanente du volcan et la topographie rendent trop difficile et éphémère la construction d'une route ou d'un simple chemin entre les deux villages.
100_5060Nous arrivons donc au village de San Vicenzo, situé au nord-est de l'île, nous laissons les affaires à l'hôtel et nous filons manger la PIZZA dans un petit restaurant situé dans la rue principale pavé de pierres de lave (ci-contre) et qui grimpe un peu. En montant, nous nous arrêtons devant une carte et Ugo nous montre le chemin que nous allons prendre pour monter et descendre au Stromboli. Tout un programme !!
Le repas est l'occasion d'une chtite photo de groupe, la marotte de certain(e)s... C'est aussi l'occasion de remplir la cagnotte commune pour les boissons car elles ne sont pas comprises dans le prix du voyage.

100_5058Nous avons ensuite environ deux heures de libre avant le rdv à 16h devant l'église. J'en profite pour aller faire un tour sur la plage de sable noir (dont j'ai ramené un échantillon dans une fiole de produit à douche de l'hôtel) et de commencer la collecte des cailloux. et hop de la pierre ponce, et hop un bout de basalte. et hop . 16h arrive vite et je suis dans les derniers au point de rdv. Ugo nous donne un casque et nous donne les dernières consignes.

100_5070Le début de la montée se fait dans la végétation avec une pente déjà assez forte puis nous arrivons aux limites de la végétation vers 400 m d'altitude avec un air un peu moite. Dans certains cas, on ne va pas plus haut. Mais la météo est clémente et le volcan aussi.

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Nous obliquons à gauche et nous avançons sur un chemin à flanc de montagne dans les poussières volcaniques. La vue sur le village est déjà impressionnante alors que nous sommes à moitié chemin. Nous poursuivons  par un chemin en lacets dans les résidus volcaniques (pierres et poussières) avec une vue pour le moins plongeante sur le village et la mer. La pente est "sèche". Nous arrivons à un premier point haut vers 800 m avec la nuit et la fraîcheur tombantes. On devine le cratère un peu plus bas à 700 m d'altitude environ. On change de tee-shirt pour ne pas prendre froid, on sort le pique-nique... quand surgit un grand boum stupéfiant : le volcan se déchaine avec une éruption, comme toutes les 20 minutes environ. L'effet de surprise est bien présent. Pendant la montée, on entendait bien les explosions mais la paroi de la montagne nous séparant du cratère, le son était atténué. Là, le son arrive direct aux oreilles. ça file un peu la frousse !
100_5073Comme les conditions sont excellentes, nous avons le droit d'aller jusqu'au sommet du volcan d'où la vue en balcon sur le cratère béant plus bas est... euh vertigineuse ?! Nous sommes accueillis par une nouvelle explosion et nous allons rester là pendant une bonne heure à attendre l'explosion suivante, puis la suivante et encore la suivante. Chaque explosion (photo ci-contre perso siouplé) implique un jet de magma incandescent qui rougeoie dans la nuit et vient se déposer sur les flancs intérieur et extérieur du cratère : on voit donc plein de petits points rouges qui s'éteignent au fil des secondes qui passent. Ne reste en rouge que la bouche du volcan, un peu comme une marmite.
Après avoir attendu une dernière explosion (la 4è ou 5è), le moment de descendre est venu. Prévoir le pantalon ou les guêtres car le chemin traverse un flanc plein de poussières volcaniques. C'est rigolo : on s'enfonce jusqu'aux chevilles, on éclaire le chemin à la frontale (ça fait très mineur dans une galerie de houille) et comme il fait nuit, pas de visibilité, donc pas de sensation de vertige. Et je ne préfère même pas penser la descente en plein jour après avoir vu d'en bas à postériori le chemin emprunté.
Les îles possèdent un atout peu connu, surtout quand elles sont peu urbanisées : quand on lève la tête, on découvre un ciel d'une qualité malheureusement disparue dans nos grandes cités où la pollution lumineuse sévit. Nous sommes en plus après le dernier quartier de Lune qui ne se lève qu'en milieu de nuit : la nuit est donc bien noire vers 22h locales et la voie lactée est parfaitement distincte, qui plus est au zénith.
En une grosse heure, nous sommes de retour sur la placette devant l'église après en avoir pris plein les yeux et les oreilles.

Pour voir le Stromboli en direct : http://www.ct.ingv.it/stromboli/main.ht

lundi 15 : Vulcano

100_5078La journée commence par un petit tour en bateau pour grimper à l'îlot du Strombolicchio. Cet îlot est tout ce qui reste d'un précédent volcan. Il ne reste que le "cœur" en basalte (ou neck) dont l'érosion est beaucoup plus lente que les autres matériaux "crachés" par le volcan. C'est le même type de formation que l'on retrouve au Puy de Sancy en France où seul le piton en basalte est encore présent, contrairement aux autres volcans de la chaînes des puys, qui sont bien plus jeunes et n'ont pas subi les outrages du temps (géologique). En bravant l'interdit, nous montons plus de 200 marches pour atteindre le phare situé en haut de l'îlot : la vue sur le Stromboli s'offre alors à nous.

100_5085La ballade en bateau se poursuit pour aller observer côté mer le cratère. Ce type de sortie nautique est proposée la nuit aux touristes pour admirer les éruptions de la mer. Et sur le flanc nord-ouest du volcan, nous apercevons la "sciara del fuoco", littéralement "le chemin du feu", versant du cratère où la plupart des éjectas des éruptions s'agglutinent et roulent vers la mer. De jour, les explosions sont peu visibles et on aperçoit surtout les fumées sortant du volcan. Et puis à cette heure de la journée, nous avions presque le soleil en face !

Après cette agréable sortie qui nous a donné d'autres vue sur le volcan, il est temps de prendre le "vrai" bateau pour rejoindre l'île de Vulcano. Nous arrivons à 13h30 et filons à la résidence hôtelière pour manger notre pique-nique. Nous avons environ 2 h de temps libre et la plupart en profite pour se baigner à la petite plage privée : la mer est "chaude" (disons 25°C). Et à 16h, c'est le départ pour l'ascension du volcan, qui culmine à 391 m.

100_5095La montée est sans difficulté particulière avec un chemin large en lacets à flanc de volcan (visible sur la photo ci-contre). On marche d'abord dans les roches volcaniques grises et noires. Puis, c'est dans les poussières ocres que le chemin se poursuit : de loin, on dirait de la roche mais de près, c'est bien de la poussière tassée. Coup de chance, il avait plu le matin et la poussière est bien compactée et ne risque pas d'être soulevée par le petit vent qui souffle.

100_5099En montant, le panorama se dégage sur l'île Vulcano et la péninsule de Vulcanello (c'est là qu'on dort !), puis sur les îles éoliennes en général avec Lipari au second plan et Salina à l'arrière plan avec ses deux monts caractéristiques (dont l'un des deux est au programme du lendemain). On jouit également d'une vue plongeante sur le village de Porto di Levante au pied du volcan.

100_5103La suite de la ballade est plus impressionnante (surtout pour moi qui déteste les à-pics et les crêtes) avec sur la droite le cratère qui descend bien profondément (nous sommes à $$ m sur la lèvre du volcan et le fond du cratère est à $$ m, soit $$ m plus bas). Le cratère est d'ailleurs bouché depuis la dernière éruption en 1886. Mais le volcan n'est pas pour autant éteint et son activité se manifeste essentiellement par des dégazages permanents : des gaz soufrés s’échappent des fissures situées sur la lèvre nord du cratère.

100_5109Le sol jaunâtre témoignent de ces intenses fumerolles très chaudes : le souffre cristallise au contact de l'air ambiant. On aperçoit également des trainées blanches qui sont des dépôts salins liés à la proximité de la mer : l'eau de mer s'infiltre, s'échauffe à l'intérieur du volcan et ressort à l'état de vapeur par les fissures.

La ballade se poursuit en grimpant au sommet du volcan, qui n'est pas le point culminant de l'île. Et puis, elle se termine en suivant le sentier aménagé sur la crête du volcan qui permet d'en finir le tour. La descente s'effectue par le même chemin que la montée.

mardi 16 : Salina

100_5114départ de bon matin en bateau pour l'île de Salina depuis la plage noire de Volcano. Voyage direct sur une mer d'huile.

Arrivée dans le petit port de ???, achat des victuailles pour le déjeuner et départ de la randonnée en serpentant dans les petites rues pavées de pierre de lave.

Il a beaucoup la veille et il faut prendre une variante du chemin habituel. La grimpette durera près de 3 heures dans la végétation la plupart du temps. Le terrain est gras, le chemin est souvent "aménagé" avec des rondins ou des planches qui forment des escaliers naturels mais qui nous empêchent de prendre un rythme. En y ajoutant une pente raide, cela donne tous les ingrédients pour une montée rude. Arrivée en haut (900 m) avec une belle vue sur la mer.

Déjeuner avec les spécialités locales achetées le matin même au village de départ : fromages, tomates fraîches et séchées, charcuterie de pays, etc.

100_5127Descente par la face sud sur un chemin à flanc de montagne et entrée dans le second village. Dans la descente, nous avons un =e vue permanente sur le second cône volcanique. Seul l'angle de vue change au fil de la descente. On trouve des vignes sur les flancs du volcan.

100_5132Nous repartons en bateau en longeant la côte de Salina puis en longeant la côte de Lipari avec des formations surprenantes : des morceaux de basalte sont pris dans la roche qui est petit à petit érodée, ce qui n'est pas le cas du basalte (trop dur).

Nous faisons un arrêt baignade dans une petite crique : les méduses sont de la partie, ce qui n'est pas très agréable alors que l'eau était à bonne température.

Retour à Volcano et repas dans un restaurant, toujours avec des pâtes.

mercredi 17 : transfert

Autolargue astérohache, rayon fulgure. Ce devait être une journée un tiers bateau, un tiers voiture et un tiers visite. Ce fut un petit tiers bateau et deux gros tiers voitures. La raison : les intempéries. Ce qui sera un avantage pour les deux journées suivantes (le retour d'un temps calme avec un ciel nettoyé), fut un désavantage ce jour. Une bonne averse orageuse en attendant le bateau. Traversée à peine chahutée pour revenir à Milazzo. Gros orage pendant le déjeuner pique-nique à une buvette, en s'abritant tant bien que mal sous l'auvent qui dégoulinait. Attente des deux mini-van dans la buvette. Départ sous la pluie battante et sur l'autoroute, soudain le bouchon. Plus d'avancée. Nous apprendrons plus tard qu'un éboulement lié aux pluies s'est produit sur les voies. Après près d'une heure d'attente dans un petit tunnel, nous repartons pour faire demi-tour. ce sera plusieurs heures de bouchon pour récupérer la seule issue de secours puis la route du littoral et passer à côté de Taormina (le tiers visite annulée) à la nuit tombée. Nous arrivons à l'auberge sur les pentes de l'Etna à plus de 22h.

Une journée de perdu : 2 de retrouvée !

jeudi 18 : sur les pentes de l'Etna

Randonnée sympa depuis le refuge-auberge sur les pentes de l'Etna pour découvrir les dernières coulées de 2005 (?), les tunnel de lave, les laves bouses. Je sors complètement fasciné de cette journée. depuis tout petit, je porte un intérêt aux volcans mais de là à me retrouver un jour sur les pentes de l'Etna. Quand on voit

vendredi 19 : l'Etna

Départ en minibus pour la station de ski en reconstruction depuis sa destruction lors de la dernière grosse éruption en 2002. De là, nous montons dans un camion 4X4 Mercedes qui va nous amener à 2900 m en empruntant une piste tracée dans les laves. A cette altitude, température proche du 0°C, petit vent frais qui fouette le visage et grand ciel bleu.
Commence alors l'ascension des 400 derniers mètres de dénivelé pour atteindre le sommet d'un des cratères, l'Etna étant constitué de plusieurs cratères.