Le GR223 relie Honfleur au Mont Saint-Michel. J'ai emprunté ce sentier côtier sur une partie de son tracé en cette première semaine de mars 2009 entre Cherbourg et Coutances. Et force est de contaster qu'il existe peu d'information sur "la toile" sur ce splendide sentier de randonnée.

Les préparatifs : j'avais acheté le guide de la FFRP sur la partie Cotentin du GR. J'avais fait mon sac de voyage le jeudi 26/2, incluant le duvet 0°C et le sac de rando de 40 litres. Le vendredi soir, un ch'ti tour au stade de France avec un copain pour voir la victoire en rugby des Français sur les Gallois. D'ailleurs, sacrée ambiance. Il parait que le SdF est froid au niveau public. Là, c'était chaud bouillant avec une fin de match palpitante et un public qui a parfaitement encouragé et soutenu son équipe afin de tenir le score.

Revenons aux préparatifs : le samedi 1er mars à 19h, je n'avais toujours rien réservé (qui veut partir avec moi en vacances ?). Mais j'avais fait mon tracé : Cherbourg - Coutances en 7 jours/étapes. Je n'étais inquiet que pour trouver des gîtes ou hôtels OUVERTS. A 21h, j'avais une réservation pour la nuit de dimanche à lundi et une pour la nuit de mardi à mercredi et quelques numéros de téléphone pour les autres nuits.
Dimanche 1er mars : direction la gare Saint-Lazare pour acheter les billets de train. Départ à 9h10 et arrivée à Cherbourg à 12h20 dans le brouillard. Le programme initial était le suivant :
étape 1 : Cherbourg - Omonville-la-Rogue
étape 2 : Omonville-la-Rogue - Biville
étape 3 : Biville - Les Pieux
étape 4 : Les Pieux - Barnevile-Carteret
étape 5 : Carteret - Bretteville-sur-Ay
étape 6 : Bretteville - Pirou
étape 7 : Pirou - Coutances.

De manière générale, ce sentier parcourt des paysages magnifiques et différents. Seul ombre au tableau : le balisage n'est vraiment pas génial. Même si c'est un sentier littoral, j'étais bien content par moment d'avoir le topoguide de la FFRP.

étape 1 : le temps d'acheter un casse-croûte et de le dévorer près du port de plaisance de Cherbourg et de la statue de Napoléon Ier, le brouillard s'est levé.

panneau_GR223A cause des terrains militaires, la sortie de Cherbourg est un peu longue et se fait en secteur urbain le long d'une piste cyclable qui longe elle-même une voie urbaine fréquentée. Bref, pas top. Heureusement, cette traversée a été agrémentée par une belle "joggueuse" croisée au niveau de la baie de Sainte-Anne : je serais bien resté à Cherbourg courir avec elle ! Une autre fois ! Bref, on finit par gagner le bord de mer au niveau de cette fameuse baie et on rencontre le premier panneau indiquant l'existence du GR223.

fort_chavagnacOn poursuit sur le bord de mer (la route est toujours à côté) avec une vue sur les digues protégeant le port manchot.

On arrive au bout de 7km à Querqueville, quittant très provisoirement la proximité de la route pour la retrouver un peu plus loin pour la dernière fois de la journée. 4 km plus loin, on arrive sur la plage d'Urville-Nacqueville. Tendance récurrente (et lourde) du GR : il longe les plages depuis les rues des cités balnéaires. A moins de tomber sur une marée haute de vives-eaux, préférez marcher sur la plage (où le sable n'est pas mou bien sûr, on n'est pas en stage commando) : c'est beaucoup plus agréable et puis on peut écouter le doux bruit des vagues sur la plage.

erosionUn peu plus loin, on trouve des restes de blockhaus, maintenant en plein milieu de la plage : beau témoignage de l'érosion littorale, dont l'homme n'est pas forcément responsable. On voudrait une nature figée mais rien n'est figé. Il faut l'accepter.

sentier_j1On aborde ensuite une côte plus découpée, plus sauvage avec des fougères à gogo (mais pas vertes à cette saison). On passe à Landemer (hôtel) et le chemin serpente au dessus de la côte rocheuse, franchissant de temps à autre un ruisseau, par un gué ou par un petit pont.

omonville_larogueA 17h55, soit 4h30 après le départ (et 3 pauses de 5 à 10 mn), j'arrive à Omonville-la-Rogue, avec une superbe vue sur le port. D'après le guide, il faut 5h40 de marche sans pause pour ce tronçon.
Petit souci : ma nuit est réservée au Manoir du Tourp (02.33.01.02.20), située à 2,5 km dans les terres et ça monte dur. Très bon accueil, chambre confortable, repas et petit déjeuner très correct. Demi-pension à 73€, une somme rondelette tout de même.

Dans l'idéal, il est préférable de prolonger l'étape jusqu'à Omonville-la-Petite, soit une bonne heure de marche en plus. Sinon, l'étape suivante est fort longue. Mais les deux hôtels de cette commune étaient fermés à cette époque de l'année.

étape 2 : départ à 9h05 du manoir dans une brume se dissipant pour laisser place à un franc soleil. Descente tranquille vers le port atteint à 9h25. Le sentier longe le littoral, sur des galets ou en bordure des champs bien verts séparés par des haies ou des murets en pierres. Je passe à proximité de l'ancien sémaphore et à 10h25, la plage d'Omonville-la-Petite est atteinte : elle porte aussi le nom d'anse Saint-Martin ou du havre de Plainvic.

port_racineGouryLe sentier se poursuit très agréablement en bord de mer. Passage un peu avant 11h devant le plus petit port de France (en travaux) : port Racine, du nom d'un corsaire à la solde de Napoléon qui l'avait fait construire. Avant d'arriver à la pointe de la Hague, on passe devant le sémaphore, puis le port de Goury. J'étais à 12h05 en ce lieu avec une belle vue sur le phare de la Hague et l'île d'Alderney au large.

Le phare est un phare en mer qui ne visite pas. Haut de 52 m, il diffuse un éclat blanc toutes les 5 s. avec une portée de 23 milles (42 km). Pause repas et micro sieste au soleil pour repartir à 12h50.

100_4393nez_jobourgEnsuite, le bord de mer s'élève, laissant petit à petit la place à des falaises (photo ci-contre à gauche de la pointe du Houpret). Le nez de Voidry est atteint à 14h10 et je profite du restaurant panoramique pour manger une petite crêpe choco-banane et faire le plein en eau. Une petite photo du nez de Jobourg (ci-contre à droite) et suite de la marche à partir de 14h35. Le sentier monte et descend à travers les falaises avec des passages parfois vertigineux. L'anse des Moulinets (station de sauvetage) est atteinte à 15h30. Le sentier est ensuite moins impressionant : j'atteins le parking d'Herquemoulin à 16h30, Vauville à 17h15. Un petit ruisseau traverse le village. J'ai coupé par la RD237 pour rejoindre le Petit Thot puis le Grand Thot (à quoi bon monter puis descendre quand on peut faire un bout de plat ?!).

Dunes_bivilleA partir de là, on chemine en bordure des dunes et de la réserve faunistique et floristique du conservatoire du littoral. Les champs de dunes sont impressionnants. Rien à voir avec le Pylat : les dunes possèdent une végétation particulière. La fin d'étape est rude avec "l'escalade" (dixit le guide) d'une dune pour rejoindre le calvaire des dunes (Jésus sur sa croix). On culmine quand même à 114 m d'altitude, soit guère moins que la dune du Pylat (qui de mémoire, doit être autour de 120 m).

De ce point, je rallie le gîte en quittant le balisage en à peine dix minutes. Il est situé sur la gauche en entrant dans le village, juste à côté de l'église (centre Thomas Hélye ; Tél : 02.33.04.52.19). Coup de bol : j'inaugurais la saison 2009, le gîte ouvrant le soir même. 13€ la nuit. 76 places, des dortoirs propres de 2 à 6 places avec coin lavado. Douches et toilettes communes. Grande cuisine et salle à manger avec tout le nécessaire pour se préparer un repas.

Arrivée au gîte à 18h30. D'après le guide, le parcours est de 35 km pour une durée de 10h. Pour ma part, j'ai fait environ 7h30 de marche en enlevant les pauses. La pêche, William, la pêche !

étape 3 : départ à 9h après un petit chocolat chaud dans le bar/restaurant/épicerie du village, fermé la veille. En ce début de journée, le plafond est très bas avec une légère bruine. Le sentier s'est éloigné du littoral et descend vers un vallon que l'on suit pendant une heure jusqu'au pont Langlois. Parfois, le ruisseau prend la place du sentier qui est donc particulièrement humide. Histoire de gagner un peu de temps, je coupe par la RD64 à Pont Langlois pour éviter le détour qui mène à Siouville. Après une rapide pause sur la plage, je reprend le sentier qui surplombe la côte pour gagner Diélette et son port de plaisance. Puis, un peu de montée-descente pour éviter le chantier de construction de l'EPR de Flamanville (que de grues !). Le sentier passe en bordure ouest du village : 11h50, il est l'heure de ravitailler. Flamanville possède tout ce qu'il faut pour cela : j'ai trouvé le boulanger et la supérette/presse/tabac face à l'église (qui sonnait midi).

semaphore_flamanvilleLa besace pleine, il était temps de trouver un coin pour déjeuner. Reprise du sentier et grimpette sur la falaise. Pause repas de 75 minutes à l'abri du vent, dans les fougères humides (le jounal jaune, alias le midol, a servi de protection) avec une petite sieste bien couvert. A 13h45, je dois repartir : démarrage difficile car bien refroidi et le vent est vraiment frais. Je croise trois randonneuses. Le sentier continue sur la falaise, passe près de l'ancien sémaphore transformé en gîte-restaurant (ci-contre à gauche).

anse_sciototA 14h35, le ciel se découvre et j'arrive au nord de la plage de l'anse de Sciotot. La marée est basse, le soleil pointe son nez, je traverse la plage (ci-contre vue depuis le sud) en 35 mn (c'est la variante du guide et je la conseille si la marée est favorable) : en évitant le détour par le Rozel, je gagne une bonne demi-heure et avec la coupe du matin, je vais pouvoir doubler l'étape. En bout de plage, reprise du sentier pour grimper au cap du Rozel où une vierge veille sur les marins.
Après le cap, vue sur le cordon dunaire et la plage avec au loin, le cap de Carteret.
A 16h, je suis à Surtainville, soit 2h30 de marche depuis Flamanville, contre 4h30 d'après le guide ; j'ai vraiment "tracé" sur la plage de Sciotot ! Le chemin part ensuite dans les terres avec de nombreux champs de carottes. A 16h40, Beaubigny et à 17h20, Hatainville. Ensuite, comme dit le guide, il ne faut pas se planter. On traverse le massif dunaire où paissent des vaches bien tranquilles en tirant tout droit et en s'engouffrant dans des passages piétons entre clôtures parfois étroits (pour le sac notamment). Ne suivez pas le balisage pourri (qui fait repiquer par erreur vers la plage à un moment), contentez-vous de tirer tout droit et de viser l'antenne du phare au loin (feu blanc de 27 milles de portée, 84 m au dessus du niveau de la mer). Fin d'étape rude avec d'une part la fatigue, et d'autre part, une pluie fine qui prend un caractère de grains agrémentés de bonnes rafales de vent. La luminosité baissant, la fatigue aidant, et étant bien trempé, je ne suis pas passé par le phare ("prudence, passage exposé" d'après le guide) mais je suis directement descendu vers le port en prenant les rues. 18h30 : arrêt à un hôtel un peu en retrait du port. Rien de fabuleux (il y en a d'autres le long de la mer) mais c'était propre et j'ai pu faire tout sécher dans la nuit près du radiateur. L'hôtel ne faisait pas restaurant à cette saison. Je me suis rabattu sur la pizzéria avec une pizza normande au menu : andouille, camembert, pommes, le tout flambé au calva !! De quoi prendre des forces pour le lendemain.

Bilan de mon étape (doublée pour rappel) : en comptant les pauses, deux raccourcis, ça m'a fait un peu moins de 8h de marche (12h15 de marche d'après le guide !).

étape 4 : j'ai fait la grasse matinée jusqu'à près de 10h avant de décoller à 11h40 seulement. Décollage tardif car l'étape était plus courte que la veille et que je ne pouvais pas arriver trop tôt à la chambre d'hôte. En plus, il pleuvait en cette matinée. Donc départ sous la pluie mais c'était la fin de la giboulée. Retour du soleil pour contourner le havre de Carteret. Contournement qui doit être chocolat par marées hautes de vives-eaux. A marée basse, c'était très humide et collant avec le franchissement de quelques ruisseaux. Obligé de grimper sur la digue pour franchir le dernier trop profond. Bref, pas terrible. Un petit grain sur la tête et j'arrive à Portbail sous le soleil à 14h25.

100_4437Pause de 15 minutes au café pour boire un chocolat chaud et reprise du sentier qui contourne le havre (ci-contre) en passant sur les dunes. La plage de Denneville est atteinte à 15h50 et l'église de Surville sonne les cinq coups de 17h quand j'y passe. Le balisage du contour nord du havre de Surville est également mauvais. Attention à ne pas finir au milieu du havre, humide à souhait avec plein de ruisseaux à sauter : si c'est le cas, vous avez fait fausse route (comme moi !). Vous maudissez le tracé, apercevez le pont de pierre au loin (un point de passage) et récupérez le chemin après avoir franchi quelques fossés et une clôture. Là encore, par grande marée, le passage n'est pas garanti. A 17h40, je quitte le sentier en bord de plage pour rejoindre Bretteville-sur-Ay où je dois passer la nuit. J'arrive à "La Tuilière" à 18h20, en même temps que la pluie.

Excellente chambre et table d'hôtes (L'BiâO Cotentin). Dans une ferme rénovée avec des matériaux écologiques, j'ai été fort bien accueilli. Grande chambre avec un très bon lit, salle d'eau. Repas gastronomique : une soupe de légumes frais, du porc + lentilles + carottes + gratin de navets au cidre, une part de camembert avec de la salade et en dessert, des petits suisses avec de la compote maison. Après une journée pas terrible côté météo et à la veille d'une pire, ce fut vraiment un excellent moment.

Bilan de l'étape : 6h40 de marche en comptant les (courtes) pauses contre 7h15 d'après le guide. Fatigue ou autre, je ne gagne presque plus de temps par rapport aux estimations du guide.

étape 5 : matin dans la grisaille et départ à 9h30 à la fin d'une averse. J'arrive sur la plage de Bretteville à 10h pour récupérer le tracé du GR.

100_4449Sous la grisaille, je suis le sentier jusqu'à la pointe du Banc, puis je contourne par le nord le havre de Lessay. Le chemin passe près du corps de garde (une ancienne chapelle, photo ci-contre) et longe ensuite le havre. A cette époque de l'année, ça fait splach, splach de manière permanente. Saint-Germain sur Ay est atteint à 12h40. A noter que pour un ravitaillement, il y a une épicerie/tabac/restaurant à proximité de l'église (non mentionnée dans le guide de la FFRP).

ovinsMais je souhaite faire la pause déjeuner à Lessay, donc je continue sur un sentier de plus en plus splash splash, qui passe en bordure des prés salés où les ovins paissent. Bêêêh !! Petite pause avec quelques ânes qui apprécient les gâteaux normands et un rayon de soleil blafard. Après le passage de la RD650, le chemin est meilleur et je suis à 14h10 à Lessay (soit 4h après le départ de la plage de Bretteville, ce qui est conforme au guide !). Longue pose de plus de 2h car la pluie a commencé. Un casse-croute acheté à la boulangerie avec une part de flan, un chocolat chaud dans un bar. La pluie ayant stoppé, je repars à 16h10 et je tente sans succès une visite de la fabrique du vrai camembert au lait cru et moulé à la louche de marque Réo (c'est fermé ! www.reaux.fr)? Je fais quelques provisions à l'Intermarché.

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Petite parenthèse sur le fromage camembert : le vrai camembert, celui qui mérite le titre AOC (appellation d'origine contrôlée, aujourd'hui devenu AOP, le P (protégé) remplaçant le C) est fabriqué à partir de lait cru de vache. Le faux camembert est fait à partir de lait pasteurisé (donc chauffé à haute température) car cela simplifie la vie des industriels et la boîte indique "camembert de Normandie" ou "fabriqué en Normandie" mais aucunement la mention AOC. A titre d'information, toute les grandes marques sans exception (Cœur de Lion, Président, Lepetit, etc.) vendent du faux camembert et ne s'en vantent pas. On voit également fleurir des camemberts "d'antan" qui ne sont pas non plus de vrais camemberts au lait cru mais de piètres résidus de notre société de consommation où la mention du passé pourrait faire croire que les méthodes ancestrales sont mises en œuvre. Et puis, dernier produit à la mode, le camembert bio : je n'en ai pas encore vu fait avec du lait cru : c'est donc du faux !! Bref, aux armes citoyens, rebellez-vous et n'achetez que du vrai camembert, fait avec du lait cru. Certes, vous le paierez plus cher, il fouettera plus dans votre frigo mais il respecte les traditions !

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A la sortie du supermarché, la pluie reprend avec intensité. Je décide de mettre la cape de pluie car l'horizon est bien bouché. Sac et bibi protégés, je repars pour la partie la plus pourrie du tracé jusqu'à Pirou-pont. Sûrement pour changer de paysage, le GR passe dans la forêt. Hormis quelques passages potables, les chemins forestiers sont majoritairement gorgés d'eau (à cette époque ?). Sans chaussures montantes bien lacées, vous y laissez vos pompes tellement on s'enfonce parfois. Et ce n'est pas faute d'essayer de passer sur les côtés ou au milieu. Le chemin entre le lieu dit "le moulin à vent" et "la Jammerie" n'est rien d'autre qu'un lac, d'autant plus que le substratum a été enlevé avec un engin de chantier. Donc, ça baigne dans l'eau. A "la Jammerie", on reprend un bout de bitume en se disant que le plus dur est passé. Que nenni ! Il faut finir sur un chemin descendant et encaissé pris d'assaut par les écoulements qui dégorgent partout des talus. Sans parler de l'arbre qui barre le chemin et qui m'oblige à des acrobaties. Bref, après-midi pourrie. Je termine la journée en rejoignant hors GR l'hôtel du rond point RD650-RD94 à la Barberie (02 33 46 40 01), près de Pirou-plage à 18h30. Rien de fabuleux, mais c'est propre et chauffé : les affaires seront sèches au petit matin. Et le tavernier est sympathique.

En résumé, je déconseille le passage par la forêt qui n'apporte rien. Préférez rejoindre Créances puis le littoral.

Bilan de l'étape : 6h15 de marche, conforme au guide.

étape 6 : départ "matinal" à 8h30 pour la dernière journée. Ciel totalement dégagé et gelée matinale. Rare dans cette contrée à influence maritime. Deux solutions pour rejoindre le GR : faire machine arrière sur la RD94 et tracer un bout de chemin dans la forêt. Vu l'expérience de la veille, j'ai préféré le plan B (toujours prévoir un plan B). Passage par Pirou-plage pour atteindre le chemin littoral sur la dune qui rejoint le GR un peu plus au sud.

gouvilleExcellente initiative. Je profite de ce beau temps et de la marée basse pour tracer sur la plage (où la mytiliculture est présente) plutôt que par le front de mer bitumé. La plage d'Anneville est atteinte en 1 heure, celle de Gouville 40 minutes plus tard et celle de Blainville 70 minutes après. Gouville possède de petits cabanons de plage aux toits colorés.

A 11h50, je suis à Coutainville où je ravitaille et déjeune sur les rochers qui protège les cales de mise à l'eau.

phare_agonJe repars à 12h40 alors que le ciel se voile et j'arrive au phare d'Agon (en fait un feu) à 13h40 où je stagne 10 minutes, le temps de bien lire la table d'orientation : Granville est à 18km, le Mont-Saint-Michel à 40 km, Jersey à 39 km et Coutances à 11km. Démarre ensuite le tour du havre de Régneville, qui ne sera qu'un demi-tour pour moi. Le sentier est plus sympathique car on surplombe un peu le havre en passant sur la digue de protection contre la mer. Heugueville est touché à 15h45, conformément au délai du guide. Et il me faut encore 40 mn pour atteindre le Pont de la Roque où je quitte le GR. Je prends alors une variante (le GR223B) pour rejoindre Coutances. je suis à la gare à 18h.

Coutances, la délivrance (pour les pieds). Un peu décevant. Evidemment, ceux qui aiment les édifices religieux sont servis avec la cathédrale, les églises Saint-Pierre et Saint-Nicolas. Pour les autres, un jardin des plantes, un musée d'art et le festival "Jazz sous les pommiers". Au niveau hôtel, j'ai été à celui du parvis. Impeccable pour le rapport qualité/ prix de 36 € la nuit avec la baignoire appréciable à l'arrivée. Pour le repas, plus dur. L'hôtel faisait taverne (genre maître Kanter) : du tout et du rien et du surgelé assuré à tous les coups. Le restaurant de la rue d'en face : même topo. Restaient dans le centre ville deux crêperies et un resto chic. J'ai fini à la crêperie par défaut. Pour une sous-préfecture proche de la côte, je m'attendais à trouver un restaurant avec du poisson frais. Que nenni !

Le samedi matin, j'ai fait mes emplettes : des galettes normandes et des camemberts. Puis direction la gare pour le retour vers Saint-Lazare via Caen.

Au final, une randonnée bien agréable de 190 km en 6 jours. Des paysages (et une météo) changeant d'un jour à l'autre : falaises, dunes, havres, longues plages... Et pas si mal côté météo (si on considère que la Normandie est pire que la Bretagne) : 3 jours au soleil, un journée grisaille, une journée à giboulées et une journée de flotte. Les chaussures de rando sont mortes après 8 ans de bons et loyaux services (très intermittants les 3 années précédentes).

J'envisage de faire la suite jusqu'à Saint-Malo en 2010 à moins que je parte de Cherbourg vers Barfleur, un littoral que je ne connais pas.